L’Assemblée nationale française a adopté une résolution visant la mouvance des Frères musulmans, à l’issue de débats particulièrement tendus dans l’hémicycle. Le texte, porté par le groupe Les Républicains (LR), a été voté lors d’une journée parlementaire qui leur était réservée et a profondément divisé les députés.
Une résolution symbolique mais politiquement marquante
La résolution adoptée n’a pas de portée juridique contraignante. Elle appelle toutefois la Commission européenne à engager une procédure en vue d’inscrire la mouvance des Frères musulmans et ses responsables sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne.
Pour les promoteurs du texte, cette initiative vise à alerter sur ce qu’ils considèrent comme une menace idéologique et politique, et à renforcer la lutte contre l’islamisme politique à l’échelle européenne. Selon eux, une telle inscription permettrait notamment de mieux contrôler les financements et d’améliorer la coopération sécuritaire entre États membres.
Des débats houleux à l’Assemblée
Les discussions ont été marquées par de vifs échanges entre les groupes politiques. Plusieurs députés de gauche ont dénoncé une résolution jugée « dangereuse », estimant qu’elle risquait d’alimenter des amalgames et de stigmatiser une partie de la population.
À l’inverse, les députés favorables au texte ont défendu une position de fermeté, affirmant qu’il s’agissait d’une réponse nécessaire face à l’influence qu’ils attribuent aux Frères musulmans en Europe. Les échanges ont parfois dégénéré en invectives, illustrant la forte polarisation politique autour des questions de laïcité, de sécurité et d’islamisme.
Une position prudente du gouvernement
Le gouvernement a adopté une posture de réserve, donnant un avis de sagesse sur la résolution. S’il partage l’objectif général de lutte contre l’islamisme politique, l’exécutif a rappelé que l’inscription d’une organisation sur la liste européenne des entités terroristes relève d’un processus juridique strict, qui dépend des institutions européennes et non des seuls parlements nationaux.
Un texte à forte portée politique
Bien que symbolique, cette résolution constitue un signal politique fort. Elle s’inscrit dans un contexte national et européen marqué par des débats récurrents sur la place de l’islam politique, la sécurité intérieure et la défense des valeurs républicaines.
Le vote met également en lumière les fractures persistantes au sein de la classe politique française, entre partisans d’une ligne dure et ceux qui redoutent les effets sociaux et politiques d’un tel positionnement. Si la résolution ne produit pas d’effet immédiat, elle pourrait néanmoins influencer les débats à venir au niveau européen.