Iran : le chef de la diplomatie iranienne répond vertement à Zelensky tandis que Trump affirme qu’une armada est en route vers le golfe

Téhéran attaque Volodymyr Zelensky après ses propos sur la répression des manifestations.

Les tensions diplomatiques et sécuritaires autour de l’Iran se sont fortement accentuées ces derniers jours, mêlant critiques internationales sur la répression des manifestations, échanges verbaux virulents entre dirigeants et démonstration de force militaire américaine dans le Golfe. L’Ukraine, les États-Unis et l’Iran se retrouvent au cœur d’une séquence diplomatique particulièrement explosive.

Téhéran attaque Volodymyr Zelensky après ses propos sur la répression

Les relations entre l’Iran et l’Ukraine se sont brutalement dégradées après les déclarations du président ukrainien Volodymyr Zelensky lors du Forum économique mondial de Davos. Le chef de l’État ukrainien y a dénoncé la répression des manifestations en Iran, estimant que la communauté internationale n’avait pas apporté un soutien suffisant au peuple iranien.

Selon lui, laisser un régime survivre après avoir violemment réprimé sa population enverrait un « message dangereux » aux régimes autoritaires à travers le monde. Ces propos s’inscrivent dans une ligne diplomatique constante de Volodymyr Zelensky, qui lie la défense des droits humains aux enjeux de sécurité internationale, dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine.

Une réaction iranienne d’une rare virulence

La réponse de Téhéran a été immédiate et particulièrement agressive. Le chef de la diplomatie iranienne a attaqué frontalement Volodymyr Zelensky, le qualifiant de « clown déboussolé », une référence directe à son passé d’acteur et d’humoriste.

Les autorités iraniennes accusent le président ukrainien de chercher à détourner l’attention de la situation militaire de son pays et d’encourager une ingérence étrangère dans les affaires intérieures iraniennes. Téhéran rejette toute légitimité aux critiques occidentales et insiste sur le respect du principe de souveraineté nationale.

La question centrale des manifestations en Iran

Depuis plusieurs semaines, l’Iran est secoué par un mouvement de contestation d’ampleur, déclenché le 28 décembre et ayant pris une dimension majeure à partir du 8 janvier. Les manifestations, portées par des revendications économiques et politiques, ont défié ouvertement la République islamique avant d’être violemment réprimées.

La télévision d’État iranienne, citant la Fondation iranienne pour les martyrs et les anciens combattants, a annoncé un premier bilan officiel de 3.117 morts. Des chiffres largement contestés par les organisations de défense des droits humains. Selon l’ONG Iran Human Rights, dont les données sont reprises par l’ONU, au moins 3.428 manifestants auraient été tués, un bilan qui pourrait dépasser les 20.000 morts.

Pour masquer la répression, une coupure nationale d’internet est en place depuis deux semaines complètes, selon l’ONG Netblocks. L’accès au réseau reste très limité et essentiellement restreint aux sites gouvernementaux.

Un climat diplomatique déjà explosif

Cet échange entre Téhéran et Kiev s’inscrit dans un contexte international extrêmement tendu. L’Iran et l’Ukraine sont indirectement opposés sur plusieurs dossiers, notamment en raison du rapprochement entre Téhéran et Moscou depuis le début de la guerre en Ukraine. Kiev accuse l’Iran de fournir des drones à la Russie, des accusations longtemps niées ou minimisées par Téhéran.

Les déclarations croisées illustrent la polarisation croissante du débat international autour des conflits armés, des droits humains et du rôle des puissances régionales.

Donald Trump annonce une « armada » américaine vers le Golfe

Parallèlement, le président américain Donald Trump a annoncé jeudi qu’une « armada » navale américaine se dirigeait vers le Golfe, maintenant une forte pression militaire sur l’Iran, même si la perspective d’une intervention directe semblait s’être momentanément éloignée.

« Nous avons beaucoup de navires qui se dirigent dans cette direction, au cas où », a déclaré Donald Trump à des journalistes à bord d’Air Force One, de retour de Davos. Il a toutefois affirmé préférer une désescalade : « Je préférerais que rien ne se passe, mais nous les surveillons de très près ».

Le président américain avait récemment menacé de frapper l’Iran en réponse à la répression, avant de tempérer son discours après l’annonce d’une suspension des exécutions de manifestants par Téhéran.

Menaces militaires et porte entrouverte au dialogue

Malgré cette démonstration de force, Donald Trump n’a pas fermé la porte à des discussions. « L’Iran veut effectivement parler, et nous parlerons », a-t-il affirmé à Davos.

Ces propos ont toutefois été contredits par une nouvelle escalade verbale côté iranien. Le chef des Gardiens de la Révolution islamique, Mohammad Pakpour, a averti que ses forces avaient « le doigt sur la gâchette », se disant prêtes à exécuter les ordres du guide suprême Ali Khamenei.

Nommé en juin dernier pour succéder à Hossein Salami, tué lors de frappes aériennes israéliennes, Mohammad Pakpour s’exprimait à l’occasion de la journée nationale des Gardiens de la Révolution, force idéologique et militaire clé du régime, accusée par les ONG d’avoir orchestré la répression meurtrière.

Un autre haut responsable militaire, le général Ali Abdollahi Aliabadi, a averti qu’en cas d’attaque américaine, « tous les intérêts, bases et centres d’influence américains » deviendraient des « cibles légitimes ».

Une confrontation globale et symbolique

Ennemis depuis la Révolution islamique de 1979, l’Iran et les États-Unis continuent d’échanger menaces et mises en garde. Donald Trump a récemment menacé de « rayer de la surface de la Terre » les dirigeants iraniens si « quoi que ce soit » lui arrivait, tandis que des responsables iraniens ont évoqué des représailles directes en cas d’atteinte au guide suprême.

Dans une tribune publiée dans le Wall Street Journal, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a toutefois assuré que l’Iran restait « prêt à mener des négociations réelles et sérieuses ».

Entre démonstrations de force, menaces ouvertes et appels prudents au dialogue, la crise iranienne dépasse désormais le cadre régional et s’impose comme un enjeu majeur de la scène internationale, mêlant droits humains, rivalités géopolitiques et risques d’escalade militaire.

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