Le Venezuela franchit une étape historique dans sa politique économique et énergétique. Le gouvernement a autorisé les entreprises privées à exploiter ses ressources pétrolières, tout en recevant 300 millions de dollars issus d’une vente de pétrole orchestrée par les États‑Unis, destinés à soutenir le bolívar, la monnaie nationale. Ces mesures interviennent alors que le pays est confronté à une crise économique majeure, marquée par l’inflation, la chute de la production pétrolière et une dépendance accrue au dollar.
Une réforme historique pour le secteur pétrolier
Jusqu’à présent, l’exploitation du pétrole vénézuélien était strictement contrôlée par l’État ou par des entreprises mixtes où l’État détenait la majorité. Le nouveau projet de loi permet désormais aux entreprises privées, locales ou étrangères, de signer des contrats pour exploiter le pétrole. Cette réforme ouvre la voie à une participation directe du secteur privé dans l’un des piliers économiques du pays.
« Le pétrole sous terre ne sert à rien », a déclaré Jorge Rodríguez, président de l’Assemblée nationale et frère de la présidente par intérim Delcy Rodríguez, soulignant la nécessité de mettre en production les ressources inexploitées du Venezuela.
Cette initiative intervient après la capture de l’ancien président Nicolás Maduro par les États‑Unis et la nomination de Delcy Rodríguez comme présidente par intérim. Les analystes estiment que cette ouverture du secteur pétrolier répond aux pressions de Washington et des investisseurs internationaux souhaitant revenir sur le marché vénézuélien. L’Assemblée nationale, majoritairement favorable au gouvernement intérimaire, devrait adopter définitivement la réforme dans les prochains jours.
Objectifs économiques et relance de la production
La production pétrolière vénézuélienne a connu une forte chute ces dernières années, passant de plus de 3 millions de barils par jour au début des années 2000 à environ 1,2 million aujourd’hui. Cette baisse est due à la mauvaise gestion, à la corruption et aux sanctions internationales.
En ouvrant le secteur au privé, le Venezuela espère attirer des investissements étrangers et locaux, améliorer la technologie et l’efficacité, et exploiter pleinement ses immenses réserves de pétrole, considérées comme les plus importantes au monde. Cette réforme pourrait devenir un levier stratégique pour stabiliser l’économie, créer des emplois et relancer la production dans un pays confronté à une décennie de crise économique et d’inflation élevée.
300 millions de dollars pour soutenir le bolívar
Parallèlement, le Venezuela a reçu 300 millions de dollars provenant d’une vente de pétrole organisée par les États‑Unis. Cette somme vise à stabiliser le bolívar et le marché des changes, tout en soutenant le pouvoir d’achat des ménages.
L’opération s’inscrit dans un accord entre Washington et Caracas conclu après le renversement de Nicolás Maduro début janvier 2026. Donald Trump avait présenté cette transaction comme un « deal historique » visant à vendre le pétrole à prix du marché tout en garantissant que les recettes soient contrôlées par la Maison‑Blanche. Sur un total de 500 millions de dollars issus de cette vente, 300 millions ont été réinjectés dans l’économie locale pour stabiliser la monnaie nationale.
Gestion des fonds et impact économique
Les 300 millions de dollars ont été déposés dans un compte au Qatar sous supervision américaine, avant d’être redistribués aux banques locales. Ces dernières sont chargées de faciliter l’accès des entreprises aux devises nécessaires pour importer biens et services essentiels, atténuant temporairement la pénurie de dollars qui freine l’économie.
Les analystes estiment que cette injection de devises pourrait stabiliser le marché des changes, encourager la confiance des investisseurs et donner un répit aux ménages, même si les défis économiques structurels du pays restent considérables.
Une mesure symbolique mais stratégique
Bien que modeste par rapport aux besoins du Venezuela, cette initiative est un signal politique et économique fort, illustrant une coopération limitée mais stratégique avec les États-Unis. Elle pourrait servir de première étape pour d’autres flux financiers visant à stabiliser l’économie et renforcer la monnaie nationale.
L’ouverture du secteur pétrolier et l’injection de fonds étrangers sont ainsi vues comme des moyens complémentaires pour relancer la production, attirer des investisseurs et redonner de la liquidité à un pays dont l’économie a été fragilisée par des années de crise et de sanctions.