Rifaat al‑Assad, figure controversée du régime syrien et oncle de l’ancien président Bachar al‑Assad, est décédé à l’âge de 88 ans. Sa mort a été confirmée par plusieurs médias et sources proches de la famille ainsi que par des autorités ayant suivi sa carrière.
Une figure historique du régime Assad
Né le 22 août 1937 à Qardaha, Rifaat al‑Assad a joué un rôle central dans l’appareil de pouvoir syrien pendant plusieurs décennies. Il était le frère cadet de Hafez al‑Assad, président de la Syrie de 1971 à 2000, et a été un officier influent dans l’armée syrienne avant d’être nommé vice‑président dans les années 1980.
Sa carrière a été marquée par des responsabilités militaires et politiques de premier plan sous le régime de son frère. Il a notamment commandé les Forces de défense, une unité d’élite de l’armée syrienne.
Le surnom de « boucher de Hama »
Rifaat al‑Assad est largement connu sous le surnom de « boucher de Hama », en référence à son rôle lors de la répression sanglante d’un soulèvement armé en février 1982 dans la ville de Hama, dans le centre de la Syrie. Sous son commandement, les forces gouvernementales ont mené une offensive majeure contre un mouvement d’opposition armé, qui a duré plusieurs semaines et causé des milliers de morts selon diverses estimations.
Cet épisode est considéré comme l’un des plus violents de l’histoire moderne syrienne et a laissé une trace profonde dans la mémoire collective du pays.
Vie en exil et controverses judiciaires
Après un coup d’État avorté contre son frère Hafez en 1984, Rifaat al‑Assad a été contraint à l’exil. Il a vécu plusieurs décennies à l’étranger, notamment en Europe, où il a été impliqué dans des affaires judiciaires liées à des accusations de blanchiment d’argent et de détournement de fonds publics syriens. En France, il a été reconnu coupable et condamné à une peine avec sursis pour ces infractions, avec confiscation de biens.
Plus tard, les autorités suisses ont également ouvert des poursuites pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, en lien avec son rôle dans la répression de Hama, mais ces procédures n’ont pas abouti à un procès avant sa mort.
En 2021, Rifaat al‑Assad était brièvement retourné en Syrie, puis avait de nouveau quitté le pays après les bouleversements politiques qui ont suivi la chute de Bachar al‑Assad en 2024. Il vivait ces dernières années aux Émirats arabes unis, où il est décédé.
Une trajectoire controversée
Rifaat al‑Assad laisse derrière lui une longue et controversée trajectoire politique et militaire. Salué par certains pour son rôle dans l’appareil de l’État syrien sous Hafez al‑Assad, il est surtout associé dans de nombreux pays et par des organisations de défense des droits humains à des épisodes de répression violente et de violations des droits humains.
Sa mort marque la fin d’une des figures les plus discutées de l’histoire du régime Assad et rappelle la complexité des héritages politiques et judiciaires liés aux décennies de gouvernance autoritaire en Syrie.