Hongrie : Budapest menace les ambassadeurs européens de sanctions avant les élections législatives

À l’approche des élections législatives prévues le 12 avril 2026, la Hongrie se retrouve une nouvelle fois au cœur de fortes tensions avec l’Union européenne. Le gouvernement de Viktor Orbán a adressé un avertissement inédit aux diplomates européens en poste à Budapest, les mettant en garde contre toute implication jugée « ingérente » dans le processus électoral hongrois.

Des menaces explicites contre les diplomates européens

Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, a déclaré que les ambassadeurs des pays de l’Union européenne pourraient faire l’objet de sanctions s’ils tentaient d’influencer la campagne électorale ou le scrutin à venir. Selon lui, toute prise de position publique ou tout soutien perçu à l’opposition constituerait une violation de la souveraineté nationale.

Les sanctions évoquées ne prennent pas la forme d’expulsions, mais consisteraient notamment à restreindre drastiquement les contacts des ambassadeurs avec les autorités hongroises, limitant leurs échanges à un niveau strictement administratif. Une mesure qui rendrait, de fait, leur mission diplomatique particulièrement difficile.

Un geste inhabituel au sein de l’Union européenne

Cette prise de position est considérée comme exceptionnelle au sein de l’UE, où les relations diplomatiques reposent sur des règles communes et un dialogue constant entre États membres. Menacer ouvertement des ambassadeurs européens marque une rupture supplémentaire entre Budapest et Bruxelles.

Le gouvernement hongrois justifie sa fermeté par la volonté de protéger le processus électoral contre toute influence étrangère, un argument régulièrement mis en avant par Viktor Orbán et son entourage dans leur discours politique.

Des relations déjà très dégradées avec Bruxelles

Les relations entre la Hongrie et l’Union européenne sont tendues depuis plusieurs années. Bruxelles reproche à Budapest des atteintes à l’État de droit, notamment en matière d’indépendance de la justice, de liberté de la presse et de droits des ONG. Ces différends ont conduit l’UE à engager plusieurs procédures contre la Hongrie et à geler une partie des fonds européens destinés au pays.

De son côté, Viktor Orbán accuse régulièrement l’Union européenne d’ingérence et se présente comme un défenseur de la souveraineté nationale face à ce qu’il décrit comme des pressions politiques et idéologiques venues de Bruxelles.

Un climat politique sous haute tension

À quelques mois des législatives, cette affaire illustre le climat politique extrêmement tendu qui règne en Hongrie. Le scrutin est perçu comme crucial, tant pour l’avenir du pouvoir de Viktor Orbán que pour la relation future du pays avec l’Union européenne.

Les menaces adressées aux ambassadeurs européens pourraient encore durcir les rapports entre Budapest et ses partenaires, et relancer le débat sur la place de la Hongrie au sein de l’UE, ainsi que sur le respect des valeurs démocratiques communes.

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