Nigeria : la police reconnaît un enlèvement de masse après l’avoir nié

Un revirement officiel qui relance les critiques sur la gestion sécuritaire

Au Nigeria, la police a été contrainte de faire volte-face après avoir nié, dans un premier temps, un enlèvement de masse survenu dans l’État de Kaduna, au nord du pays. Les faits, désormais reconnus par les autorités, concernent l’attaque de plusieurs églises et l’enlèvement de nombreux fidèles, un épisode qui ravive les inquiétudes liées à l’insécurité persistante dans la région.

Une attaque lors d’offices religieux

Les événements se sont produits le 19 janvier 2026, dans la localité de Kurmin Wali, dans l’État de Kaduna. Des hommes armés ont pris d’assaut plusieurs églises pendant les offices religieux, ouvrant le feu pour semer la panique avant d’emmener de force des fidèles dans la brousse.
Selon des témoignages locaux et des responsables religieux, plus de 160 personnes auraient été enlevées, tandis que certaines ont réussi à s’échapper lors de l’attaque.

Le déni initial de la police

Dans les heures qui ont suivi, la police nigériane a nié l’existence d’un enlèvement de masse, qualifiant les informations relayées par les communautés locales et les médias de fausses ou exagérées. Cette position a provoqué une vive indignation, notamment chez les responsables religieux et les habitants de la zone, qui dénonçaient une tentative de minimisation des faits.

Un revirement sous la pression

Face à la multiplication des témoignages, aux preuves recueillies sur le terrain et à la pression médiatique, la police a finalement reconnu que l’enlèvement avait bien eu lieu. Les autorités ont indiqué avoir lancé des opérations de recherche pour retrouver les victimes et identifier les auteurs de l’attaque, sans toutefois fournir de calendrier précis ni de bilan détaillé.

Colère et perte de confiance

Ce revirement a suscité de vives critiques. Des leaders religieux et des acteurs de la société civile estiment que le déni initial des autorités a retardé les opérations de secours et affaibli la confiance de la population envers les forces de sécurité. Certains dénoncent une communication officielle déconnectée de la réalité vécue par les communautés locales.

Un phénomène récurrent dans le nord du Nigeria

Les enlèvements de masse sont devenus fréquents dans plusieurs États du nord du Nigeria, notamment Kaduna, Zamfara et Niger. Ces attaques sont généralement attribuées à des groupes armés qualifiés de « bandits », qui opèrent pour obtenir des rançons ou asseoir leur contrôle territorial.
Malgré les promesses répétées des autorités fédérales de rétablir la sécurité, la situation reste fragile et continue de faire de nombreuses victimes civiles.

Un défi sécuritaire majeur

Cette affaire met une nouvelle fois en lumière les défaillances de la réponse sécuritaire et de la communication officielle au Nigeria. Alors que les recherches se poursuivent pour retrouver les personnes enlevées, cet épisode alimente le débat sur la capacité de l’État à protéger les populations civiles et à réagir rapidement face aux crises sécuritaires.

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