Retrait des États-Unis de l’OMS : le directeur de l’agence onusienne conteste des « raisons fausses »

Le retrait officiel des États-Unis de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) suscite de vives réactions au sein de la communauté internationale. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a vivement contesté les justifications avancées par Washington, estimant que les raisons invoquées pour quitter l’agence onusienne sont « fausses » et risquent d’affaiblir la sécurité sanitaire mondiale.

Une décision politique aux lourdes conséquences

La décision américaine s’inscrit dans la continuité d’une procédure engagée par l’administration du président Donald Trump, qui accuse l’OMS de mauvaise gestion de la pandémie de Covid-19, de manque de transparence et d’une proximité excessive avec certains États, notamment la Chine. Selon Washington, l’agence onusienne n’aurait pas agi de manière suffisamment indépendante ni réformé son fonctionnement malgré les critiques répétées.

Après une période de préavis réglementaire, le retrait est désormais effectif, mettant fin à la participation du principal contributeur financier de l’OMS, dont les cotisations représentaient une part importante du budget de l’organisation.

La réponse ferme de l’OMS

Face à ces accusations, Tedros Adhanom Ghebreyesus a rejeté les arguments américains, affirmant que l’OMS avait agi « rapidement et de manière transparente » dès les premiers signaux de la pandémie. Il a rappelé que l’organisation s’appuie sur les informations fournies par ses États membres et qu’elle a régulièrement alerté la communauté internationale sur la gravité de la crise sanitaire.

Le directeur général estime que le départ des États-Unis rendra « le monde moins sûr », en affaiblissant les mécanismes de coopération internationale indispensables à la prévention et à la gestion des pandémies, mais aussi à la lutte contre des maladies comme le paludisme, la tuberculose ou la polio.

Un impact sur la gouvernance sanitaire mondiale

Au-delà de l’aspect politique, le retrait américain soulève des inquiétudes quant à l’avenir du financement et de la coordination des politiques de santé mondiale. Plusieurs experts redoutent une réduction des capacités de surveillance épidémiologique, du partage de données scientifiques et de l’assistance aux pays les plus vulnérables.

La question des contributions financières impayées par les États-Unis reste également en suspens, ajoutant une tension budgétaire supplémentaire pour l’OMS, qui dépend largement des contributions volontaires de ses membres.

Une décision contestée sur la scène internationale

De nombreux responsables politiques et experts en santé publique ont exprimé leurs préoccupations, estimant que cette décision affaiblit le multilatéralisme dans un contexte de menaces sanitaires croissantes. Plusieurs pays ont réaffirmé leur soutien à l’OMS et appelé à un renforcement, plutôt qu’à un affaiblissement, des institutions internationales de santé.

Malgré ce retrait, l’OMS assure rester ouverte à un éventuel retour des États-Unis à l’avenir, soulignant que la coopération internationale demeure essentielle pour faire face aux crises sanitaires globales.

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