La France a franchi une étape majeure dans la lutte contre les menaces sanitaires en commercialisant le tout premier antidote spécifique contre la ricine, l’une des toxines les plus dangereuses et un agent potentiellement utilisé dans des scénarios de bioterrorisme.
Un antidote inédit
Développé par la société biopharmaceutique française Fabentech, l’antidote commercialisé sous le nom de Ricimed® a obtenu une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) en France, marquant une première mondiale dans le domaine des antidotes ciblés contre la ricine. Avant cette avancée, aucune solution spécifique ni vaccin ne permettait de neutraliser cette toxine une fois qu’elle pénétrait dans l’organisme. Les traitements se limitaient à des soins symptomatiques.
Ricimed® repose sur des anticorps polyclonaux hautement purifiés, capables de neutraliser la toxine avant qu’elle n’endommage les organes vitaux, offrant ainsi un traitement spécifique inédit.
La ricine, une menace majeure
La ricine est extraite des graines de ricin (Ricinus communis). Même à faible dose, elle peut provoquer des atteintes graves, notamment pulmonaires, et entraîner la mort en quelques heures ou jours. Sa facilité de production et sa toxicité élevée en font une menace sérieuse dans les scénarios de bioterrorisme. Elle figure parmi les agents biologiques les plus redoutés dans les plans de sécurité sanitaire nationaux et internationaux.
Un projet soutenu par l’État et les autorités militaires
Le développement de Ricimed® a été conduit sur plusieurs années avec le soutien du ministère des Armées, du ministère de la Santé et de la Direction générale de l’armement (DGA). Depuis 2016, la France avait identifié la nécessité de disposer d’un antidote face à la ricine, et le projet a bénéficié d’un accompagnement scientifique et stratégique.
Une avancée stratégique pour la santé publique
La mise sur le marché de cet antidote représente un outil clé pour la sécurité sanitaire, offrant aux autorités et aux professionnels de santé une arme spécifique contre une toxine historiquement redoutée et jusque-là incontrôlable. Elle renforce également la souveraineté sanitaire française et européenne, avec des perspectives de distribution à l’international face aux menaces biologiques.