Depuis fin décembre 2025, l’Iran est secoué par une vague de manifestations massives, alimentées par la crise économique, l’inflation et le mécontentement populaire. La répression gouvernementale a été d’une ampleur exceptionnelle, rendant extrêmement difficile l’établissement d’un bilan fiable du nombre de victimes.
Un bilan officiel contesté
Le gouvernement iranien a fait état de 3 117 morts parmi les manifestants et les forces de l’ordre. Ce chiffre est largement critiqué par les ONG et observateurs internationaux, qui estiment que le bilan réel pourrait être beaucoup plus élevé. Certaines organisations de défense des droits humains, malgré un accès limité aux informations en raison de coupures quasi totales d’Internet, avancent le chiffre de plus de 5 800 décès confirmés et plus de 17 000 cas en cours de vérification.
Le rapporteur spécial des Nations unies pour l’Iran, Mai Sato, estime que le nombre réel de victimes pourrait atteindre voire dépasser plusieurs dizaines de milliers, soulignant l’opacité des informations et la difficulté à documenter l’ampleur des violences.
Une répression renforcée et des communications coupées
Depuis le 8 janvier 2026, l’accès à Internet a été quasi entièrement interrompu, compliquant la collecte de données fiables et empêchant la diffusion de preuves visuelles des violences. Les observateurs dénoncent un blackout informationnel destiné à dissimuler l’ampleur de la répression.
Malgré ces obstacles, des vidéos et témoignages relayés par des activistes montrent des scènes d’horreur : morgues débordées, sacs mortuaires empilés, et enterrements précipités dans plusieurs villes, notamment à Kahrizak, près de Téhéran, où au moins 205 sacs mortuaires ont été comptabilisés.
Témoignages alarmants
Des personnels hospitaliers rapportent que des manifestants blessés ont été arrêtés dans les établissements de soins, dissuadant de nombreuses victimes de chercher une aide médicale. Ces pratiques soulignent l’ampleur de la répression et la difficulté pour les ONG de documenter les violations des droits humains.
Pression internationale
Cette vague de manifestations est l’une des plus importantes en Iran depuis plusieurs décennies, et elle attire l’attention de la communauté internationale. Des appels à des enquêtes internationales et à des actions coordonnées se multiplient, afin de documenter les violations des droits humains et demander des comptes aux autorités iraniennes.
Pour l’heure, aucun bilan définitif et indépendant n’a pu être établi. La disparité entre le chiffre officiel et les estimations d’ONG, ainsi que l’opacité entretenue par le régime, laisse craindre que la véritable ampleur de la répression ne soit jamais connue avec certitude.