Le mouvement palestinien Hamas, considéré comme un mouvement terroriste par Israël, les États-Unis et l’Union européenne, a annoncé mercredi qu’il était prêt à transférer entièrement la gouvernance de la bande de Gaza à un comité technocratique palestinien, une étape potentielle majeure dans le processus de stabilisation de l’enclave palestinienne.
Un transfert préparé et complet
Dans une déclaration à l’AFP, Hazem Qassem, porte-parole du Hamas, a précisé que tous les protocoles étaient finalisés, les dossiers préparés et les comités mis en place pour permettre ce transfert. Selon lui, la passation couvrira tous les secteurs de l’administration, y compris les ministères, les services publics et les structures sécuritaires.
Le transfert viserait à remettre la gestion de l’administration au Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), composé de 15 technocrates palestiniens, dans le cadre d’un plan de cessez-le-feu soutenu par la communauté internationale et les États-Unis, entré en vigueur le 10 octobre 2025.
Une condition liée au poste-frontière de Rafah
Le Hamas a toutefois indiqué que cette transition reste conditionnée par la réouverture complète du poste-frontière de Rafah, reliant Gaza à l’Égypte. Selon le porte-parole, ce passage doit être ouvert « dans les deux sens, avec une liberté totale d’entrée et de sortie… sans entraves israéliennes ». Sans cette garantie, les membres du comité ne pourraient ni entrer dans Gaza ni exercer leurs fonctions.
Le poste de Rafah revêt une importance stratégique, car c’est le seul point d’entrée et de sortie de Gaza non contrôlé par Israël, essentiel pour la circulation des personnes, des biens et de l’aide humanitaire.
Contexte politique et humanitaire
Cette annonce intervient dans un contexte de tensions persistantes et de reconstruction difficile dans la bande de Gaza, plusieurs mois après des conflits ayant entraîné des pertes humaines et des destructions importantes. Le transfert de la gouvernance à des technocrates palestiniens pourrait permettre de stabiliser l’administration civile et d’améliorer la gestion des services publics, tout en facilitant l’aide humanitaire et les efforts internationaux de médiation.
Malgré cette volonté affichée par le Hamas, des obstacles politiques et sécuritaires restent à surmonter, notamment concernant le rôle d’Israël et des instances internationales dans la supervision du processus. Le succès de cette transition dépendra donc d’un accord sur la libre circulation à Rafah et de la coopération de toutes les parties prenantes.