La présidente par intérim du Venezuela a adressé une mise en garde à peine voilée à l’opposante Maria Corina Machado, l’invitant à « rester à Washington », sans toutefois la nommer explicitement. Cette déclaration intervient dans un contexte de fortes tensions politiques et diplomatiques, alors que l’opposition vénézuélienne poursuit ses démarches à l’étranger pour faire pression sur le pouvoir en place.
Une déclaration lors d’un discours à forte portée symbolique
C’est lors d’une allocution prononcée devant des militaires que la présidente par intérim a tenu ces propos, dénonçant ce qu’elle qualifie d’« extrémisme politique » et d’ingérences étrangères visant, selon elle, à déstabiliser le pays. Elle a affirmé que ceux qui soutiennent des sanctions ou des actions contre le Venezuela feraient mieux de rester à l’étranger, plutôt que de revenir « troubler la paix et la tranquillité de la République ».
Sans citer de nom, cette sortie a été largement interprétée comme visant Maria Corina Machado, figure majeure de l’opposition, actuellement en déplacement aux États-Unis.
Maria Corina Machado, figure centrale de l’opposition en exil
Empêchée de se présenter à l’élection présidentielle de 2024 après une décision de justice controversée, Maria Corina Machado est devenue l’un des principaux symboles de l’opposition au pouvoir chaviste. Après plusieurs mois passés dans la clandestinité, elle a quitté le Venezuela et se trouve désormais à Washington, où elle multiplie les rencontres diplomatiques.
Elle a notamment rencontré de hauts responsables américains afin de plaider la cause d’une transition démocratique au Venezuela. À l’issue de ces échanges, l’opposante a critiqué ouvertement les autorités en place, estimant que le gouvernement intérimaire manquait de légitimité et de crédibilité.
Une ouverture au dialogue sous conditions
Dans son discours, la présidente par intérim a toutefois assuré rester ouverte au dialogue, à condition que celui-ci ne s’accompagne pas de pressions extérieures ou de tentatives de déstabilisation. Elle a insisté sur le respect de la loi et des institutions, affirmant que toute action jugée hostile à la souveraineté nationale serait sanctionnée.
Les forces armées et de sécurité présentes lors de la cérémonie ont, de leur côté, réaffirmé leur loyauté au pouvoir en place, un message destiné à montrer la solidité de l’appareil étatique face aux critiques internes et internationales.
Des relations complexes avec les États-Unis
Cette séquence intervient alors que les relations entre Caracas et Washington restent ambivalentes. Si les États-Unis affichent un soutien politique à l’opposition, ils poursuivent parallèlement des discussions pragmatiques avec les autorités vénézuéliennes, notamment sur des questions énergétiques et humanitaires.
L’invitation faite à Maria Corina Machado de « rester à Washington » illustre ainsi la polarisation extrême de la vie politique vénézuélienne, où l’affrontement entre pouvoir et opposition se joue autant à l’intérieur du pays que sur la scène internationale.