La Turquie propose sa médiation entre les États‑Unis et l’Iran
Face à la montée des tensions entre Washington et Téhéran, la Turquie a proposé sa médiation pour faciliter un dialogue entre les deux puissances. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, se rend à Ankara vendredi 30 janvier 2026 pour des discussions bilatérales.
Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a indiqué qu’Ankara souhaite contribuer à la désescalade, notamment sur les questions liées au programme nucléaire iranien et aux préoccupations sécuritaires régionales. La Turquie a également réaffirmé son opposition à toute action militaire américaine contre l’Iran, estimant qu’un conflit dans la région provoquerait une instabilité majeure au Moyen‑Orient.
Des discussions sur une éventuelle rencontre trilatérale entre les dirigeants turc, américain et iranien sont également évoquées par des sources diplomatiques, dans le cadre d’un effort plus large de médiation.
Sécurité renforcée à la frontière turco‑iranienne
Parallèlement, la Turquie a exprimé ses inquiétudes pour la sécurité le long de sa frontière commune avec l’Iran, longue de plus de 550 kilomètres. Ankara prévoit de renforcer le contrôle et la surveillance, craignant des mouvements migratoires massifs ou des incidents transfrontaliers si la situation dégénérait. La frontière est déjà partiellement sécurisée par des murs, tranchées et patrouilles militaires, mais des mesures supplémentaires pourraient être mises en place pour anticiper toute escalade.
L’Union européenne sanctionne des responsables iraniens et l’IRGC
Le Conseil des Affaires étrangères de l’UE a sanctionné jeudi 29 janvier 2026 le ministre iranien de l’Intérieur, Eskandar Momeni, ainsi que plusieurs dignitaires du régime, dont le procureur général Mohammad Movahedi-Azad et plusieurs commandants et hauts responsables du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC).
Ces sanctions font suite à la répression sanglante des manifestations pacifiques et au soutien de l’Iran à Moscou. Elles comprennent :
• le gel des avoirs et l’interdiction de toute transaction avec les personnes et entités sanctionnées,
• l’interdiction de fournir un soutien matériel ou financier à l’IRGC et aux entités impliquées,
• des restrictions de déplacement pour les responsables désignés.
L’UE a également sanctionné quatre personnes et six entités liées aux programmes nucléaire et balistique de l’Iran, et a étendu l’interdiction d’exporter vers l’Iran des composants pour drones et missiles. L’IRGC a été inscrit sur la liste européenne des organisations terroristes, marquant un message politique fort contre la répression et les activités militaires iraniennes.
Parmi les entités nouvellement sanctionnées figurent l’Autorité iranienne de régulation de l’audiovisuel et des médias, ainsi que des entreprises de logiciels impliquées dans la censure, la désinformation et les campagnes de trolls sur les réseaux sociaux.
Mir Hossein Moussavi appelle le pouvoir iranien à se retirer
L’ancien Premier ministre iranien, Mir Hossein Moussavi, figure emblématique du Mouvement vert de 2009, a lancé un appel historique aux dirigeants pour qu’ils déposent les armes et quittent le pouvoir. Malgré son assignation à résidence depuis 2011, Moussavi a dénoncé la répression récente comme un « crime », et a appelé le peuple iranien à conduire le pays vers la liberté et la prospérité.
Dans un communiqué diffusé via son média Kalame, il a qualifié les interventions des forces de sécurité de « page noire de l’histoire de notre nation » et de « trahison », soulignant que la volonté populaire de changement ne pouvait plus être ignorée. Moussavi plaide pour un référendum constitutionnel, afin que les citoyens décident eux-mêmes de l’avenir politique de l’Iran, tout en rejetant toute intervention étrangère.
L’Iran met en mer le Shahid Bagheri, son premier navire pour drones et hélicoptères
Dans le cadre du renforcement de ses capacités navales, l’Iran a mis en service le Shahid Bagheri, présenté comme son premier porte‑avions adapté aux drones et aux hélicoptères, développé par l’IRGC.
Ce navire est issu de la conversion d’un navire commercial, équipé d’un pont d’envol oblique avec rampe de décollage. Il permet de lancer et récupérer des drones et de soutenir des hélicoptères militaires, offrant des capacités de surveillance, reconnaissance et projection maritime dans le Golfe Persique, le Golfe d’Oman et l’océan Indien.
Bien que le Shahid Bagheri ne rivalise pas avec les porte‑avions classiques des grandes marines mondiales, il symbolise les ambitions de l’Iran pour développer une marine innovante et renforcer sa projection de puissance régionale.
RDC : multiplication des arrestations et inquiétudes des ONG
En République démocratique du Congo, la Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) a alerté sur la multiplication des arrestations par les forces de sécurité, notamment le Conseil national de cyberdéfense.
Selon l’ONG, certaines personnes sont arrêtées sans mandat, à des heures tardives, les yeux bandés, et détenues pendant plusieurs jours sans accès à un juge ni à un avocat.
La VSV insiste sur le respect des procédures légales, de la présomption d’innocence et du droit à un procès équitable, et avertit que ces pratiques traumatisent les familles et portent atteinte à l’image du pays, dans un contexte de tensions sécuritaires persistantes et de présence de groupes armés dans l’est du pays.
Contexte général
Le début de l’année 2026 est marqué par :
• une forte tension internationale autour de l’Iran et de son programme nucléaire,
• la montée de pressions diplomatiques et économiques,
• la contestation interne massive et la répression des manifestations,
• et la projection de puissance régionale via le Shahid Bagheri.
Dans ce contexte, la Turquie se positionne comme médiateur régional, l’UE et d’autres pays imposent des sanctions ciblées, tandis que des figures historiques comme Moussavi appellent au changement pacifique et démocratique.