Une avancée historique pour l’opposition russe
Pour la première fois depuis l’exclusion de la Russie, des représentants de l’opposition russe en exil ont été autorisés à siéger au sein de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE). Cette étape, qui s’est déroulée fin janvier 2026 à Strasbourg, constitue une avancée majeure pour les voix critiques du Kremlin vivant hors de Russie.
La Russie avait été exclue du Conseil de l’Europe en 2022, après son invasion de l’Ukraine, mettant fin à plus de deux décennies de participation officielle de Moscou à cette organisation européenne chargée de promouvoir les droits humains et la démocratie.
Une plateforme officielle pour la dissidence
L’Assemblée parlementaire a intégré quinze figures de la dissidence russe vivant à l’étranger à une plateforme spéciale de dialogue, créée en octobre 2025, appelée Platform for Dialogue with Russian Democratic Forces (Plateforme de dialogue avec les forces démocratiques russes).
Cette initiative a pour objectif de fournir un canal officiel d’échange entre l’opposition russe en exil et les parlementaires européens, permettant de discuter de la situation politique en Russie, des droits humains et des perspectives de démocratisation après le régime actuel.
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La première réunion officielle
La première réunion officielle de cette plateforme s’est tenue le 29 janvier 2026 à Strasbourg, sous la présidence de l’Assemblée parlementaire. Parmi les participants figuraient plusieurs personnalités de l’opposition russe :
• Mikhaïl Khodorkovski, ancien oligarque et critique du Kremlin,
• Nadejda Tolokonnikova, militante et membre du collectif Pussy Riot,
• Vladimir Kara-Mourza, ancien prisonnier politique,
• Dmitri Goudkov, opposant ayant siégé à la Douma.
Les discussions ont porté sur la fin de la guerre en Ukraine, la promotion des valeurs démocratiques et la préparation d’un avenir politique pacifique pour la Russie.
Une reconnaissance symbolique et politique
L’intégration des dirigeants de l’opposition russe en exil à l’APCE est symboliquement importante, car elle permet aux institutions européennes de dialoguer avec des citoyens russes opposés au régime du Kremlin, malgré l’exclusion de l’État russe.
Cette initiative envoie un message politique fort, montrant que l’Europe soutient les militants et défenseurs des droits humains russes, souvent contraints à l’exil pour échapper à la répression. Elle s’inscrit également dans le cadre des efforts internationaux pour trouver une résolution pacifique au conflit en Ukraine.