Donald Trump menace de retirer la certification des avions Bombardier et de tous les aéronefs fabriqués au Canada

Une nouvelle tension commerciale entre Washington et Ottawa

Le président américain Donald Trump a annoncé, jeudi 30 janvier 2026, son intention de retirer la certification américaine des avions fabriqués au Canada, ciblant en premier lieu les appareils du constructeur Bombardier. Cette déclaration marque une escalade majeure dans les tensions commerciales et industrielles entre les États-Unis et le Canada, deux partenaires historiques du secteur aéronautique nord-américain.

Selon Donald Trump, cette mesure serait une réponse directe au refus du Canada de certifier plusieurs modèles d’avions du constructeur américain Gulfstream, spécialisés dans l’aviation d’affaires haut de gamme.

Bombardier directement visé

Dans ses déclarations, le président américain a explicitement mentionné les jets Bombardier Global Express, affirmant que leur certification par la Federal Aviation Administration (FAA) pourrait être suspendue, tout comme celle de « tous les aéronefs fabriqués au Canada ». Une telle décision empêcherait ces avions d’opérer légalement sur le territoire américain, un marché crucial pour Bombardier.

Les États-Unis représentent en effet l’un des principaux débouchés commerciaux pour l’aviation d’affaires canadienne, tant pour les ventes que pour l’exploitation des appareils.

Un différend autour de Gulfstream

À l’origine du conflit se trouve la certification par les autorités canadiennes de plusieurs jets Gulfstream, notamment les modèles G500, G600, G700 et G800. Donald Trump accuse Ottawa de retarder volontairement le processus, ce que les autorités canadiennes et plusieurs experts contestent, évoquant un processus réglementaire normal et indépendant, fondé sur des critères techniques et de sécurité.

Des spécialistes du secteur rappellent que la certification aéronautique relève de normes strictes, et ne peut légalement être utilisée comme un levier politique ou commercial.

Menace de droits de douane massifs

Au-delà de la décertification, Donald Trump a également menacé d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 50 % sur les avions canadiens vendus aux États-Unis, si le Canada ne revoit pas sa position. Une telle mesure aurait des conséquences économiques considérables, tant pour Bombardier que pour l’ensemble de la chaîne industrielle nord-américaine, fortement intégrée entre les deux pays.

Des obstacles juridiques et institutionnels

Plusieurs analystes soulignent toutefois que le président américain ne peut pas, à lui seul, retirer une certification aéronautique. La FAA est une agence indépendante, dont les décisions doivent être fondées exclusivement sur des critères de sécurité aérienne. Une intervention politique directe pourrait donc être contestée juridiquement, aussi bien par les industriels que par les autorités canadiennes.

Une industrie sous tension

Cette annonce a suscité de vives inquiétudes dans le secteur aéronautique, où de nombreux acteurs redoutent une rupture de confiance entre les régulateurs nord-américains. Des milliers d’avions canadiens opèrent quotidiennement aux États-Unis, et toute remise en cause de leur certification pourrait perturber le trafic aérien, les investissements et l’emploi.

À ce stade, aucune décision formelle n’a encore été prise par la FAA, et le gouvernement canadien n’a pas officiellement répondu aux menaces américaines. Le dossier pourrait rapidement devenir un enjeu diplomatique et commercial majeur entre Washington et Ottawa.

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