Algérie : une vague sans précédent d’expulsions de migrants subsahariens vers le Sahara en 2025

En 2025, l’Algérie a enregistré une vague d’expulsions massives de migrants subsahariens vers des zones désertiques à sa frontière avec le Niger, atteignant des niveaux jamais observés auparavant. Selon les données recueillies par plusieurs ONG et agences humanitaires, plus de 34 000 migrants ont été reconduits à la frontière, un chiffre record qui suscite des inquiétudes humanitaires et des critiques internationales.

Un nombre record d’expulsions

Entre janvier et décembre 2025, 34 236 migrants en situation irrégulière ont été expulsés vers le Niger, dépassant les données des années précédentes : 31 000 en 2024 et 26 000 en 2023. La majorité de ces expulsions s’est concentrée autour du village frontalier d’Assamaka, où les migrants sont souvent laissés sans assistance, contraints de parcourir des dizaines de kilomètres dans des conditions difficiles pour atteindre des centres de transit ou des villes.

Des conditions dangereuses

Ces expulsions ont exposé des populations vulnérables – femmes, enfants et personnes âgées – à des conditions extrêmes dans le désert : absence d’eau, de nourriture et de protection contre les températures élevées. Les ONG locales et internationales ont dénoncé ces pratiques comme des violations des droits humains et des conventions internationales relatives aux réfugiés et aux migrants.

Selon des rapports de l’ONU et d’organisations spécialisées, il s’agit d’expulsions collectives sans procédure judiciaire ni possibilité de recours, ce qui accroît le risque pour les populations concernées.

Contexte migratoire et enjeux régionaux

L’Algérie est un pays de transit majeur pour les migrants subsahariens tentant de rejoindre l’Europe via le Maghreb. Depuis plusieurs années, les autorités algériennes ont durci leur politique de reconduite à la frontière, souvent en coopération avec le Niger, en application d’accords bilatéraux visant à gérer les flux migratoires.

Cette politique s’inscrit dans un contexte régional où les pays du Maghreb, confrontés à une pression migratoire croissante, ont intensifié le contrôle de leurs frontières et multiplié les expulsions vers les zones frontalières, souvent dépourvues d’infrastructures d’accueil.

Réactions et perspectives

Face à la pression des ONG et aux critiques internationales, l’Algérie a signé début 2026 un accord avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Cet accord vise à renforcer les programmes de retour volontaire et à améliorer l’assistance aux migrants acceptant de rentrer dans leur pays d’origine.

Cependant, les organisations humanitaires soulignent que les besoins restent considérables et que des mesures supplémentaires sont nécessaires pour garantir la protection des migrants, notamment un cadre légal clair, des protocoles de sécurité et d’accueil et un suivi des expulsions pour respecter les normes internationales.

En résumé

En 2025, l’Algérie a conduit des expulsions massives de migrants subsahariens vers le Sahara et le Niger, établissant un record avec plus de 34 000 personnes concernées. Si l’accord avec l’OIM constitue un pas vers la régularisation et l’amélioration de l’assistance, les défis humanitaires et juridiques restent majeurs. Cette situation illustre les tensions entre contrôle migratoire, droits humains et réalités géopolitiques dans la région du Maghreb.

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