Le Premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, a affirmé le 2 février 2026 que son gouvernement attend désormais des résultats concrets du dialogue engagé avec les États-Unis. Cette déclaration intervient à l’ouverture de la session d’hiver de l’Inatsisartut, le Parlement groenlandais, alors que les relations entre Nuuk et Washington ont récemment connu une phase de tensions suivie d’un processus de discussion formalisé.
Un dialogue initié après des tensions
Le Groenland, vaste territoire arctique doté d’un statut d’autonomie au sein du Royaume du Danemark, est depuis plusieurs années au centre des intérêts géopolitiques internationaux en raison de sa position stratégique et de ses ressources naturelles. En janvier 2026, une première réunion d’un groupe de travail trilatéral réunissant des responsables danois, groenlandais et américains s’est tenue à Washington. Cette rencontre avait pour objectif de poser les bases d’un dialogue plus large entre le Groenland et les États-Unis.
Ce processus est apparu après une série de pressions américaines visant à renforcer l’influence de Washington sur l’île. Des déclarations américaines antérieures avaient même évoqué l’idée d’une forme de prise de contrôle ou d’acquisition du territoire, ce qui avait été rejeté fermement par les autorités groenlandaises et danoises.
Des attentes de résultats tangibles
Lors de l’ouverture de la session parlementaire, Jens-Frederik Nielsen a insisté sur la nécessité que le dialogue ne se limite pas à des discussions diplomatiques, mais qu’il débouche sur des propositions concrètes et applicables. Le Premier ministre a réaffirmé la position de son gouvernement : le Groenland ne peut être « ni acheté ni vendu », soulignant l’importance de respecter la souveraineté du peuple groenlandais.
Selon lui, et selon les responsables groenlandais, il ne s’agit pas seulement d’entretiens bilatéraux, mais bien d’élaborer des solutions qui répondent aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux du territoire.
Une réponse danoise constructive
Du côté danois, le ministre des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, a décrit la première réunion tripartite comme constructive. Le Danemark, qui conserve la responsabilité des affaires étrangères et de la défense du Groenland, semble vouloir jouer un rôle de médiateur pour garantir que toute avancée respecte l’équilibre entre les intérêts internationaux et la souveraineté groenlandaise.
La position américaine
Pour les États-Unis, l’intérêt pour le Groenland s’inscrit dans un contexte plus large de sécurité arctique et de compétition internationale. La région arctique gagne en importance stratégique avec la fonte des glaces et l’ouverture de nouvelles routes maritimes, ainsi que l’accès potentiel à des ressources énergétiques et minérales.
Après des tensions liées aux ambitions américaines explicites, Washington a récemment opéré un revirement de ton, se montrant plus favorable à un dialogue respectueux des préoccupations groenlandaises. Toutefois, les autorités de Nuuk restent vigilantes et attendent des signes tangibles d’engagement de la part de Washington.
Vers un terrain d’entente ?
La ministre groenlandaise des Affaires étrangères s’est dite optimiste quant à la possibilité de trouver un terrain d’entente avec les États-Unis, à condition que celui-ci respecte pleinement les « lignes rouges » établies par le gouvernement groenlandais. Ces lignes rouges incluent notamment la préservation de l’autonomie politique et la non-cession de territoires ou de droits décisionnels à des puissances étrangères.
Conclusion
Le dialogue entre le Groenland et les États-Unis, initié dans un contexte de fortes tensions, semble aujourd’hui engagé dans un processus plus structuré. Le gouvernement groenlandais insiste sur la nécessité de résultats concrets, tandis que le Danemark se positionne comme un acteur facilitateur. Du côté américain, la volonté affichée est de concilier intérêts stratégiques avec le respect de la souveraineté groenlandaise. L’évolution prochaine de ce dialogue sera déterminante pour l’avenir géopolitique de l’Arctique et les relations transatlantiques autour de ce territoire.