Le gouvernement ougandais a annoncé une réduction drastique de l’aide extérieure intégrée au budget de l’État pour l’exercice fiscal 2026‑2027, marquant une étape majeure dans sa stratégie de renforcement de l’autonomie financière et de gestion des finances publiques.
Une baisse de plus de 84 %
L’aide extérieure destinée à financer le budget de l’État passera de environ 2 100 milliards de shillings ougandais à seulement 330,9 milliards, soit une réduction de 84,2 % par rapport à l’exercice précédent. Cette aide comprend des prêts et subventions octroyés par des partenaires bilatéraux et multilatéraux, traditionnellement utilisés pour soutenir des programmes sociaux, des infrastructures et le développement économique.
Le gouvernement met en avant cette décision comme un moyen de renforcer la mobilisation des recettes intérieures, avec un objectif de hausse des recettes fiscales d’environ 9 % pour le prochain exercice afin de compenser la baisse des financements externes.
Un contexte économique favorable
Cette réduction intervient alors que l’Ouganda prépare le lancement de la production de pétrole brut, une activité susceptible de générer de nouvelles sources de revenus et de soutenir la croissance économique à long terme. Parallèlement, le gouvernement prévoit également de réduire l’émission de dette intérieure d’environ 21 %, afin de mieux maîtriser l’endettement public et alléger le coût du service de la dette.
Ces mesures visent à diminuer la dépendance du pays à l’égard de l’aide extérieure tout en consolidant les finances publiques et en renforçant l’autonomie budgétaire du gouvernement.
Enjeux et perspectives
Malgré les objectifs annoncés, certains analystes estiment que cette réduction pourrait poser des défis pour les secteurs dépendants de l’aide internationale, notamment la santé, l’éducation et les infrastructures. Le gouvernement devra donc réévaluer ses priorités de dépenses et garantir que la collecte de recettes internes suffise à couvrir les besoins essentiels sans accroître la pression fiscale sur les citoyens.
Le gouvernement ougandais présente cette réforme comme un pas stratégique vers une plus grande autonomie financière, mais le succès de cette politique dépendra de la capacité du pays à équilibrer le budget tout en maintenant les services publics clés et en soutenant la croissance économique.