Une trentaine de militants et sympathisants des Écologistes ont été suspendus du parti jusqu’à la fin des élections municipales de mars 2026. Cette décision fait suite à la publication d’une tribune critiquant la stratégie nationale du parti, jugée trop favorable aux alliances avec le Parti socialiste (PS).
Une tribune qui divise
La tribune, publiée sur Mediapart la semaine dernière, comptait entre 400 et 500 signataires, dont certains non encartés. Elle dénonçait l’orientation adoptée par la secrétaire nationale, Marine Tondelier, accusée de privilégier systématiquement les alliances avec le PS, au risque de diluer l’identité écologique du parti. Les signataires estimaient que l’écologie politique risquait de « se dissoudre à nouveau dans la social‑démocratie » si cette stratégie persistait.
Réaction du parti
La direction des Écologistes a qualifié la tribune d’« opération de déstabilisation » et a mis en garde contre ce qu’elle considère comme un instrumentalisation de certains signataires par La France insoumise (LFI). Le parti a demandé aux signataires de retirer leur signature, sous peine de sanctions.
Parmi ceux qui ont refusé, une trentaine ont été suspendus jusqu’à la fin des municipales. D’autres, notamment ceux qui rejoignent des listes de LFI dans des villes comme Paris, Montpellier, Avignon, Nantes ou Toulouse, font l’objet de suspensions à titre conservatoire, pouvant aboutir à une exclusion définitive.
Des tensions internes révélatrices
Cette affaire met en lumière les divisions internes au sein des Écologistes sur la stratégie électorale. D’un côté, certains prônent des alliances avec le PS pour maximiser l’influence du parti dans les communes. De l’autre, des militants défendent une approche plus indépendante, soucieuse de préserver l’identité écologique.
De son côté, La France insoumise nie toute manipulation, dénonçant plutôt les entraves imposées par la direction des Écologistes aux alliances locales.
Enjeux pour les municipales
Avec ces tensions et suspensions, les Écologistes se retrouvent confrontés à un risque de fragmentation dans plusieurs villes, ce qui pourrait peser sur leurs résultats aux municipales prévues les 15 et 22 mars 2026. La capacité du parti à maintenir la cohésion interne et à convaincre ses électeurs de la pertinence de sa stratégie sera déterminante dans les prochaines semaines.