Réseaux sociaux : Snapchat face à la loi australienne, un blocage massif de mineurs

L’Australie franchit une étape majeure dans la régulation des réseaux sociaux. En seulement deux mois, l’application Snapchat a bloqué ou désactivé plus de 415 000 comptes appartenant à des utilisateurs de moins de 16 ans, conformément à une nouvelle législation australienne visant à mieux protéger les mineurs en ligne.

Une loi inédite pour protéger les mineurs

Entrée en vigueur fin 2025, la loi australienne sur l’âge minimum des réseaux sociaux interdit aux plateformes numériques de permettre l’accès aux enfants de moins de 16 ans. Cette réglementation, présentée comme une première mondiale, concerne les principaux réseaux sociaux, dont Snapchat, Instagram, Facebook, TikTok, X et YouTube.

Le gouvernement australien justifie cette mesure par des préoccupations croissantes liées à la santé mentale des adolescents, au cyberharcèlement et à l’exposition précoce à des contenus jugés inappropriés ou dangereux.

Snapchat en première ligne

Snapchat a indiqué avoir agi rapidement pour se conformer à la loi. En deux mois, 415 000 comptes ont été bloqués, soit après une vérification de l’âge, soit à la suite de signalements ou de contrôles automatisés.

La plateforme précise que ces suppressions se poursuivent quotidiennement et qu’elles s’inscrivent dans un effort continu de mise en conformité avec la législation australienne.

Des limites technologiques reconnues

Malgré ces chiffres impressionnants, Snapchat reconnaît l’existence de failles dans les systèmes de vérification de l’âge. Les outils actuels, basés sur des déclarations d’âge et des algorithmes d’estimation, ne sont pas infaillibles. Ils peuvent laisser passer certains utilisateurs mineurs ou, à l’inverse, bloquer par erreur des utilisateurs majeurs.

L’entreprise appelle ainsi à une responsabilité partagée, demandant notamment aux boutiques d’applications de renforcer les contrôles d’âge lors du téléchargement des applications.

Un débat toujours vif

Si la loi est saluée par de nombreux experts en protection de l’enfance, elle suscite également des critiques. Certains observateurs estiment que l’interdiction pourrait pousser les adolescents vers des plateformes moins encadrées ou encourager le contournement des règles.

D’autres soulignent le rôle crucial des parents et de l’éducation numérique, rappelant que la technologie seule ne peut suffire à garantir la sécurité des jeunes en ligne.

Un modèle pour d’autres pays ?

Avec cette législation stricte, l’Australie devient un laboratoire mondial en matière de régulation des réseaux sociaux. Plusieurs pays suivent de près cette expérience, alors que la question de l’impact des plateformes numériques sur les jeunes est au cœur des débats internationaux.

Reste à savoir si cette politique produira des effets durables ou si elle devra être ajustée face aux défis techniques et sociaux qu’elle soulève.

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