France : l’UJFP visée par une enquête pour financement du terrorisme

Le parquet national antiterroriste (Pnat) a ouvert une enquête préliminaire pour financement du terrorisme visant l’Union juive française pour la paix (UJFP), association antisioniste créée en 1994. Cette décision fait suite à une plainte déposée en juillet 2025 par l’association Contre la haine, l’antisémitisme et le racisme (Char).

Une collecte de fonds vers Gaza sous le contrôle de la justice

L’enquête intervient après qu’il a été révélé que l’UJFP aurait levé plus de 600 000 euros destinés à Gaza, des fonds transférés via des circuits associatifs vers des contacts sur place. Lors d’une conférence publique à la foire Biocybèle, deux représentants de l’association, Pierre Stambul et Sarah Katz, ont été enregistrés en train de mentionner ces transferts, ainsi que des liens avec des membres du Hamas, organisation classée terroriste par l’Union européenne.

Les autorités judiciaires s’intéressent également à des correspondants de l’association sur place, notamment un certain Abu Amir, chargé de collecter des fonds pour des agriculteurs gazaouis. Des éléments indiqueraient des liens avec d’autres structures visées par la justice pour des faits similaires.

Fermeture du compte bancaire de l’association

À la suite de ces révélations, le Crédit Coopératif a fermé le compte bancaire de l’UJFP en août 2025, après plus de vingt ans de collaboration. L’association a dénoncé cette décision, affirmant que ses actions visaient uniquement à soutenir des civils à Gaza et que sa comptabilité était transparente.

Dans un communiqué, l’UJFP a rejeté toutes accusations de soutien au terrorisme, affirmant que les fonds collectés étaient destinés à des actions humanitaires. L’association dénonce ce qu’elle qualifie de mobilisation judiciaire excessive contre ses activités de solidarité.

Un contexte juridique sensible

L’enquête préliminaire ne préjuge pas d’éventuelles poursuites ou mises en examen, mais elle illustre la vigilance des autorités françaises face aux flux financiers susceptibles de soutenir des organisations terroristes. La frontière entre aide humanitaire et financement illicite est minutieusement examinée par la justice, en particulier dans les zones de conflit comme la bande de Gaza.

Cette affaire souligne également les enjeux sociaux et politiques autour de l’UJFP, connue pour son engagement critique envers la politique israélienne et son soutien aux droits des Palestiniens. Elle illustre les tensions entre liberté associative, solidarité internationale et cadre légal sur le financement de territoires sous conflit.

Laisser un commentaire