Un incident diplomatique a secoué la capitale guinéenne ce lundi, lorsque l’ambassadeur de l’Union européenne (UE) a été expulsé par la police du siège de la Ligue guinéenne des droits de l’homme (LGDH).
Selon des témoins, une dizaine de policiers armés et cagoulés, appartenant à la Police d’intervention rapide, ont fait irruption dans les locaux alors que l’ambassadeur se trouvait sur place avec le président de la Ligue. Les forces de l’ordre ont alors expulsé toutes les personnes présentes et ordonné la fermeture du siège de l’organisation, sans fournir d’explication officielle.
La Ligue guinéenne des droits de l’homme a dénoncé cette action comme une intimidation directe visant les acteurs de la société civile. Du côté de la délégation européenne, aucune réaction officielle n’avait encore été publiée au moment de la rédaction de cet article.
Cet événement intervient dans un contexte de forte instabilité politique en Guinée‑Bissau. Le pays reste sous pression depuis le coup d’État militaire de novembre 2025, qui a conduit la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à suspendre le pays de toutes ses instances. Depuis, des tentatives de médiation ont été menées pour rétablir l’ordre constitutionnel et apaiser les tensions entre les autorités et la communauté internationale.
Expulser un représentant de l’UE d’un lieu de la société civile constitue un geste rare et lourd de signification, révélant une tension croissante entre le gouvernement guinéen et les partenaires internationaux, ainsi que les défenseurs des droits humains. Cette affaire pourrait avoir des conséquences diplomatiques importantes si les tensions persistent.