Corruption en Ukraine : arrestation de l’ancien ministre Guerman Galouchtchenko en tentant de quitter le pays

L’ancien ministre ukrainien Guerman Galouchtchenko a été arrêté dimanche 15 février 2026 alors qu’il essayait de quitter l’Ukraine en train, dans le cadre d’une vaste enquête anticorruption portant sur des détournements présumés dans le secteur énergétique. Cette arrestation marque un tournant important dans une affaire qui secoue depuis plusieurs mois les institutions ukrainiennes et soulève des enjeux politiques et judiciaires majeurs.

Un homme politique au cœur d’un scandale d’État

Guerman Galouchtchenko, âgé d’une cinquantaine d’années, a été ministre de l’Énergie de l’Ukraine de 2021 à 2025, puis brièvement ministre de la Justice en 2025 avant de démissionner. Il est considéré comme une figure influente du gouvernement ukrainien, notamment dans les secteurs de la gestion énergétique et juridique.

Son arrestation intervient dans le cadre d’une enquête anticorruption baptisée « opération Midas », menée par l’Agence nationale anticorruption d’Ukraine (NABU), chargée de lutter contre les réseaux de corruption à grande échelle dans l’administration publique.

L’opération Midas : un réseau de corruption présumé dans le secteur énergétique

L’opération Midas a été lancée à l’automne 2025 à la suite de plusieurs signalements et enquêtes internes portant sur des pratiques de corruption dans le secteur énergétique ukrainien, en particulier autour de la compagnie nucléaire d’État Energoatom.

Selon les autorités ukrainiennes :
• Des flux financiers suspects, estimés à environ 100 millions de dollars, auraient été détournés via des systèmes de corruption impliquant des responsables politiques et des hommes d’affaires.
• Une partie de ces fonds aurait été blanchie à travers des sociétés écrans et des comptes à l’étranger, notamment en Suisse, et une fraction aurait été dirigée vers des comptes liés à la famille de Galouchtchenko.
• Des opérations financières seraient liées à des contrats publics et des attributions de marchés publics dans le secteur énergétique.

L’enquête a conduit à l’inculpation de plusieurs personnalités et à la mise en cause de structures financières internationales supposées faciliter le blanchiment.

Arrestation en gare : tentatives d’évasion avortées

Dimanche 15 février, alors qu’il se trouvait à bord d’un train en partance vers la Pologne, Guerman Galouchtchenko a été interpellé par les agents de la NABU à la frontière après que les autorités frontalières eurent été alertées par les enquêteurs.

Selon les procédures ukrainiennes, il a ensuite été placé en détention provisoire sur la base de l’article 208 du code de procédure pénale, qui permet aux enquêteurs de détenir une personne sans mandat judiciaire pour une période initiale de 72 heures en attendant une décision de justice.

Les enquêteurs ont indiqué que cette interpellation visait à empêcher toute tentative de fuite à l’étranger alors que les charges pesant contre lui étaient sur le point d’être portées devant un tribunal.

Charges formelles retenues contre Galouchtchenko

Le 16 février 2026, les autorités ukrainiennes ont officiellement inculpé Guerman Galouchtchenko pour :
• Blanchiment d’argent,
• Participation à une organisation criminelle.

Ces charges font référence à des sommes considérées comme issues de détournements liés à des marchés publics et à des contrats conclus dans le secteur énergétique.

D’autres responsables, notamment des partenaires d’affaires, ont également été visés dans le cadre de l’opération Midas. Certains ont déjà été inculpés, tandis que d’autres ont quitté le territoire ukrainien avant leur interpellation.

Réactions officielles et contexte politique

À ce stade, Guerman Galouchtchenko nie toute implication criminelle dans les faits qui lui sont reprochés. Il n’a pas encore fait de déclaration publique depuis son arrestation.

Pour sa part, la NABU a assuré que toutes les procédures ont été menées dans le respect de la loi, soulignant l’importance de cette opération dans le renforcement de l’État de droit en Ukraine.

L’affaire intervient dans un contexte où la lutte contre la corruption reste un enjeu majeur pour les autorités ukrainiennes, notamment dans le cadre des relations avec l’Union européenne et d’éventuelles futures candidatures à l’adhésion. La transparence et l’efficacité des réformes judiciaires et anticorruption sont régulièrement mises en avant par les partenaires internationaux de l’Ukraine comme conditions essentielles pour renforcer l’État de droit.

Un scandale qui ébranle les institutions

Avant même l’arrestation de Galouchtchenko :
• Plusieurs membres importants du gouvernement avaient démissionné ou été contraints de se retirer en raison de l’enquête.
• Le chef de cabinet du président Volodymyr Zelensky avait également quitté ses fonctions à la suite de perquisitions liées à l’enquête.

Ce scandale montre les difficultés persistantes de l’Ukraine dans sa lutte contre la corruption, alors même que le pays fait face à des défis géopolitiques, économiques et militaires considérables.

Perspectives judiciaires et diplomatiques

L’affaire Galouchtchenko devrait connaître de nouvelles évolutions dans les semaines qui viennent, avec :
• Une possible mise en examen définitive si les preuves rassemblées par les enquêteurs sont jugées suffisantes par les magistrats.
• Des procédures de coopération internationale avec les autorités judiciaires d’autres pays pour tracer et éventuellement saisir des avoirs supposément acquis illicitement.
• Des discussions politiques internes en Ukraine sur les mécanismes de lutte anticorruption et leur efficacité.

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