Le gouvernement syrien a annoncé avoir pris le contrôle d’une nouvelle base militaire précédemment occupée par les forces américaines, marquant une étape importante dans la réorganisation de la présence étrangère dans le pays. Cette opération intervient dans un contexte de retrait progressif des États‑Unis et de renforcement de la souveraineté syrienne sur son territoire.
Une nouvelle base reprise par Damas
Selon des déclarations officielles, l’armée arabe syrienne a repris le contrôle de la base d’al‑Shaddadi, située dans la province de Hasakah, au nord-est du pays. Ce site stratégique, longtemps sous influence américaine, est désormais sous administration syrienne. Le ministère syrien de la Défense précise que ce transfert a été réalisé après coordination avec les forces américaines, sans préciser les modalités opérationnelles.
Cette reprise suit la remise récente de la base d’al‑Tanf, située près des frontières jordanienne et irakienne, également occupée par les États‑Unis depuis plusieurs années dans le cadre de la lutte contre l’État islamique (EI).
Un retrait américain ordonné
Le retrait américain s’inscrit dans le cadre d’une révision stratégique de leur présence militaire en Syrie. Le Commandement central des forces américaines (CENTCOM) a confirmé le départ de ses troupes d’al‑Tanf et a qualifié ces mouvements de « retrait ordonné », tout en maintenant des capacités de frappe et de renseignement dans la région pour contrer d’éventuelles menaces de l’EI.
Cette démarche intervient après la défaite territoriale de l’EI en 2019, même si le groupe reste actif par des attaques sporadiques dans certaines zones désertiques.
Enjeux militaires et politiques
Pour Damas, récupérer le contrôle de ces bases représente une victoire symbolique et stratégique, renforçant l’autorité de l’État dans des zones longtemps influencées par des acteurs étrangers. La reprise des installations permet à l’armée syrienne de sécuriser des points clés pour le contrôle territorial et la surveillance des mouvements armés dans le nord-est du pays.
Du côté américain, le retrait partiel reflète une volonté de réduire l’engagement direct sur le terrain tout en continuant à exercer une influence via le renseignement et les alliances régionales.
Perspectives régionales
Ces transferts de contrôle surviennent dans un contexte régional complexe. La Turquie, l’Iran, et les forces kurdes, anciennement partenaires des États-Unis dans la lutte contre l’EI, restent des acteurs influents dans le nord et l’est de la Syrie. Le retrait américain pourrait modifier l’équilibre des forces et stimuler de nouvelles négociations diplomatiques autour du conflit syrien.
Les observateurs soulignent que, bien que ces opérations renforcent la souveraineté syrienne, elles ne signifient pas un retour complet à la normalité sécuritaire, tant que l’EI et d’autres groupes armés continuent de représenter une menace ponctuelle.