Le Fonds monétaire international (FMI) a lancé un avertissement au gouvernement japonais concernant la réduction de la taxe sur la consommation promise par la Première ministre Sanae Takaichi, estimant que cette mesure pourrait accentuer les risques liés à l’endettement déjà massif du pays.
Une dette publique parmi les plus élevées au monde
Le Japon est confronté à une situation budgétaire critique, avec une dette publique dépassant 210 % du produit intérieur brut (PIB). Ce niveau record limite la capacité du pays à financer de nouvelles dépenses et rend l’économie particulièrement vulnérable face à une remontée des taux d’intérêt ou à un ralentissement de la croissance économique.
Le « cadeau fiscal » controversé
La Première ministre, récemment reconduite après une victoire électorale, souhaite alléger le poids de la taxe sur certains produits alimentaires pendant deux ans afin de soutenir le pouvoir d’achat des ménages.
Cependant, le FMI met en garde contre cette approche :
• La mesure est généralisée et non ciblée, ce qui pourrait fragiliser davantage les finances publiques.
• Elle réduirait la marge de manœuvre budgétaire nécessaire pour faire face à de futurs chocs économiques ou pour financer les services publics essentiels.
• Elle aggraverait les risques liés à une dette déjà très élevée, surtout dans un contexte de hausse possible des taux d’intérêt à long terme.
Les recommandations du FMI
L’organisation internationale recommande au Japon de privilégier des mesures temporaires, ciblées et neutres sur le plan budgétaire pour soutenir les ménages, plutôt qu’une réduction générale de la taxe sur la consommation.
Le FMI souligne que la prudence est essentielle pour maintenir la stabilité économique du pays et éviter que l’endettement public ne devienne insoutenable.
La réaction politique
Malgré ces avertissements, la Première ministre Takaichi reste attachée à son projet de réduction fiscale, estimant que cette mesure est nécessaire pour soutenir la consommation et aider les ménages face à la hausse du coût de la vie. Cette position divise les économistes et met en lumière le dilemme entre soutien immédiat aux citoyens et prudence budgétaire à long terme.