La Hongrie et la Slovaquie suspendent leurs exportations de diesel vers l’Ukraine

La Hongrie et la Slovaquie ont annoncé la suspension de leurs exportations de diesel vers l’Ukraine, invoquant des problèmes liés au transit de pétrole russe via le pipeline Druzhba. Cette décision marque une escalade dans les tensions énergétiques et politiques entre ces pays et Kyiv.

Une décision motivée par le pipeline Druzhba

Selon les autorités hongroises et slovaques, les livraisons de pétrole russe transitant par l’Ukraine ont été interrompues depuis fin janvier, ce qui empêche l’approvisionnement normal de leurs marchés intérieurs. Les deux pays accusent l’Ukraine de ne pas vouloir rétablir le flux de pétrole pour des raisons politiques, mettant ainsi en danger leur sécurité énergétique.

Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, a souligné que la suspension des exportations de diesel vers l’Ukraine était une mesure temporaire, conditionnée à la reprise du transit de pétrole via le pipeline Druzhba. La Slovaquie a adopté une position similaire, affirmant que ses propres besoins en énergie devaient passer en priorité.

Contexte énergétique et exemptions européennes

La Hongrie et la Slovaquie bénéficient d’une exemption au sein de l’Union européenne concernant l’interdiction d’importation de pétrole russe, à condition que ce pétrole transite par des pipelines. Le pipeline Druzhba, l’un des plus longs au monde, relie la Russie à plusieurs pays d’Europe centrale et a subi des interruptions à cause du conflit en Ukraine.

Cette suspension s’inscrit donc dans un contexte où la sécurité énergétique devient un enjeu central pour Budapest et Bratislava, qui craignent des pénuries locales si le transit n’est pas rétabli.

Réactions et implications pour l’Ukraine

Si le diesel en provenance de Hongrie et de Slovaquie représentait une portion limitée des besoins ukrainiens (environ 9 à 11 %), cette décision pourrait compliquer la logistique énergétique du pays, déjà sous pression à cause du conflit en cours. L’Ukraine dispose toutefois de routes alternatives d’approvisionnement, notamment via la Pologne, la Grèce et les importations maritimes, qui devraient partiellement compenser cette suspension.

Menaces d’extension

La Hongrie a également menacé d’élargir la suspension à d’autres formes d’énergie, comme le gaz et l’électricité, si la situation ne se résolvait pas rapidement. Cette posture reflète les tensions persistantes entre Kyiv et ses voisins de l’Union européenne dans un contexte où l’énergie reste un instrument stratégique de négociation et d’influence.

Cette décision illustre la fragilité des approvisionnements énergétiques en Europe centrale et orientale, ainsi que la complexité géopolitique des flux de pétrole russe en période de conflit.

Laisser un commentaire