Tensions États-Unis – Iran : l’Allemagne retire des troupes d’Irak, Téhéran menace les bases américaines

Une « mesure de précaution » face à un climat régional explosif

L’Allemagne a annoncé le retrait d’une partie de ses soldats stationnés en Irak, invoquant des « tensions croissantes » au Proche et au Moyen-Orient. Cette décision intervient alors que l’Iran a réitéré ses menaces contre les bases américaines dans la région en cas d’attaque des États-Unis, sur fond de négociations nucléaires tendues.

Berlin réduit sa présence militaire à Erbil

L’armée allemande a de nouveau retiré des soldats de sa base d’Erbil, dans le nord de l’Irak, « en raison des tensions croissantes au Proche et Moyen-Orient », a indiqué jeudi 19 février un porte-parole du ministère allemand de la Défense.

Selon cette source, il s’agit d’une « mesure de précaution » concernant « un nombre moyen à deux chiffres de personnels non essentiels à la mission ». D’après l’hebdomadaire Der Spiegel, ces troupes ont été transférées par voie aérienne vers la Jordanie.

La Bundeswehr avait déjà réduit sa présence dans la région début février. Elle soutient les forces armées locales dans le cadre d’une mission menée avec l’Otan. « La protection et la sécurité de nos soldates et soldats allemands sont prioritaires », a souligné le porte-parole.

Seuls les militaires nécessaires au maintien du commandement du camp d’Erbil — principale base allemande dans le pays — resteront sur place. Par ailleurs, quelques soldats sont également déployés à Bagdad comme conseillers.

Selon Der Spiegel, environ 300 soldats allemands étaient récemment présents en Irak et en Jordanie. La majorité d’entre eux sont stationnés en Jordanie, où l’armée de l’air allemande soutient la coalition internationale antiterroriste, notamment avec des avions ravitailleurs.

Escalade verbale entre Washington et Téhéran

Ce repositionnement intervient dans un contexte de montée des tensions entre les États-Unis et l’Iran. Le déploiement militaire américain dans le Golfe s’intensifie, ravivant les craintes d’une escalade.

La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré qu’« il existe de nombreuses raisons et arguments en faveur d’une frappe contre l’Iran », tout en estimant que Téhéran serait « bien avisé » de conclure un accord sur le nucléaire. Ces déclarations font suite à une deuxième session de pourparlers indirects entre les deux pays, organisée à Genève, sans avancée notable.

Jeudi, l’Iran a défendu « son droit » à l’enrichissement nucléaire, maintenant une position ferme face aux pressions occidentales.

L’Iran menace explicitement les bases américaines

Dans une lettre adressée le 19 février au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, l’ambassadeur iranien a averti que toute agression militaire contre l’Iran entraînerait une riposte « décisive et proportionnelle » au titre de la légitime défense prévue par l’article 51 de la Charte des Nations unies.

« Dans de telles circonstances, toutes les bases, les infrastructures et les biens américains dans la région constituent des cibles légitimes », a-t-il affirmé.

Cette déclaration intervient après un nouvel avertissement du président américain Donald Trump, qui a indiqué se donner « dix à quinze jours » pour décider si un accord avec l’Iran est possible, ou s’il faudra recourir à la force. Lors d’un discours à Washington, il a averti que sans accord « pertinent », de « mauvaises choses » pourraient se produire, tout en soulignant que la paix est « un mot facile à dire, mais difficile à produire ».

Parallèlement, les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique iranienne, ont lancé des manœuvres militaires dans le détroit d’Ormuz, axe stratégique pour le commerce mondial du pétrole. Le guide suprême iranien a également menacé, dans un discours virulent, de couler le porte-avions américain déployé dans le Golfe.

Un équilibre fragile

Malgré la tenue de deux sessions de discussions en Suisse, aucun rapprochement significatif n’a été constaté. Dans ce contexte d’incertitude diplomatique et de démonstrations de force militaires, la décision allemande apparaît comme un ajustement stratégique visant à préserver la sécurité de ses troupes, alors que la région demeure sous haute tension.

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