Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a été réélu sans surprise au poste de secrétaire général du Parti des travailleurs de Corée lors d’un congrès quinquennal organisé à Pyongyang, selon l’Agence centrale de presse coréenne (KCNA). Cette reconduction, adoptée à l’unanimité des délégués, renforce encore son autorité à la tête du régime.
Un congrès clé pour consolider le pouvoir
Le congrès du Parti des travailleurs, organisé en principe tous les cinq ans, constitue l’événement politique le plus important du pays. Il fixe les grandes orientations nationales en matière de diplomatie, d’économie et de défense.
Selon KCNA, la décision de reconduire Kim Jong Un a été prise « conformément à la volonté inébranlable et au désir unanime de tous les délégués ». Les médias d’État soulignent que sous sa direction, « la dissuasion militaire du pays, dont l’axe central repose sur ses forces nucléaires, a été radicalement renforcée ».
Le dirigeant nord-coréen a indiqué que ce congrès devait également dévoiler la prochaine phase du programme nucléaire du pays. Depuis 2021, Pyongyang a multiplié les essais de missiles balistiques intercontinentaux, en violation des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, renforçant les tensions internationales.
Priorité à l’armement nucléaire malgré les difficultés économiques
Depuis des décennies, la Corée du Nord privilégie le développement de ses capacités militaires, notamment nucléaires, au détriment d’autres secteurs économiques.
Dans son discours d’ouverture, Kim Jong Un a néanmoins reconnu les défis économiques et promis d’améliorer le niveau de vie de la population. Il a évoqué des « tâches historiques lourdes et urgentes », appelant à stimuler la construction économique et à transformer les différents secteurs de la vie étatique et sociale.
Lors du congrès de 2021, il avait déjà admis fait rare que des erreurs avaient été commises dans « presque tous les domaines » du développement économique.
Le parti a également voté une révision de ses règles internes afin de « consolider qualitativement les rangs du Parti » et de garantir une application plus stricte de la discipline interne.
Kim Yo Jong promue à la tête d’un département
Au lendemain de la réélection de son frère, Kim Yo Jong a été promue directrice à part entière d’un département du Comité central du Parti des travailleurs, selon KCNA.
Les directeurs de département — au nombre de 17 — supervisent des secteurs stratégiques tels que l’idéologie, les affaires militaires ou l’économie. Ces fonctions, comparables à des postes ministériels, sont considérées comme essentielles au fonctionnement du régime.
Proche conseillère de Kim Jong Un depuis son accession au pouvoir en 2011, Kim Yo Jong est l’une des personnalités les plus influentes du pays. Née à la fin des années 1980, elle est la fille de l’ancien dirigeant Kim Jong Il et de Ko Yong Hui. Elle a été scolarisée en Suisse aux côtés de son frère avant de gravir rapidement les échelons du pouvoir.
Une démonstration de contrôle absolu
Ce neuvième congrès depuis la fondation du régime par la dynastie Kim offre à Kim Jong Un une nouvelle tribune pour afficher sa mainmise sur l’appareil d’État. Ces rassemblements, abandonnés sous Kim Jong Il, ont été relancés par Kim Jong Un en 2016.
Le rôle croissant de sa fille adolescente, Ju Ae parfois présentée comme une héritière potentielle est également scruté par les observateurs, même si aucune annonce officielle n’a été faite à ce stade.
Alors que la Corée du Nord demeure sous de lourdes sanctions internationales liées à ses programmes nucléaires, ce congrès marque une nouvelle étape dans la consolidation du pouvoir du dirigeant et dans la poursuite de la stratégie militaire du régime.