France : cinq personnes mises en examen au sein d’associations soupçonnées d’avoir financé le Hamas, organisation terroriste

Une enquête antiterroriste d’ampleur

Cinq personnes liées aux associations françaises Humani’Terre et Soutien Humani’Terre ont été mises en examen pour des faits liés au financement présumé du Hamas, qualifié d’organisation terroriste par la France et l’Union européenne. L’information a été confirmée samedi par le Parquet national antiterroriste (Pnat).

Les mis en cause sont soupçonnés d’avoir « fait parvenir des fonds, sous couvert d’aide humanitaire, au Hamas, organisation terroriste », selon le parquet. Ils ont été placés sous contrôle judiciaire à l’issue de leur mise en examen vendredi.

Ils sont poursuivis pour :
• financement d’une entreprise terroriste,
• abus de confiance en bande organisée,
• blanchiment d’abus de confiance en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste.

Des perquisitions et des saisies massives

Ces mises en examen font suite à une série de perquisitions menées lundi au sein de l’association Humani’Terre, ainsi qu’aux domiciles et bureaux de cadres ou anciens cadres des deux structures.

Deux immeubles situés à Paris et à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) ont été saisis par l’intermédiaire de l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc).

L’affaire trouve son origine dans une enquête préliminaire ouverte le 3 novembre 2023. Celle-ci a été confiée à :
• la section antiterroriste de la brigade criminelle de la préfecture de police,
• la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI),
• l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF).

40 millions d’euros saisis

Une première vague de perquisitions avait déjà eu lieu le 31 janvier 2024 au siège des associations et aux domiciles de membres ou anciens membres du bureau de Humani’Terre.

Les enquêteurs avaient alors saisi :
• du matériel informatique,
• des documents comptables listant des associations françaises, européennes, palestiniennes et jordaniennes destinataires de fonds.

Au total, près de 40 millions d’euros ont été confisqués :
• environ 35 millions d’euros sur des comptes bancaires ou sous forme de chèques de banque,
• plus de 5 millions d’euros en espèces retrouvés au siège social de Humani’Terre ainsi que dans ses antennes à Paris, Lille, Lyon et Marseille.

Coopération internationale

L’exploitation des supports numériques saisis, combinée à des éléments obtenus via la coopération internationale — notamment avec l’Italie, les États-Unis et Israël — a conduit aux nouvelles perquisitions récentes.

Les investigations se poursuivent désormais sous la direction de trois magistrats instructeurs antiterroristes.

Suspension des activités

Les associations Humani’Terre et Soutien Humani’Terre indiquent sur leur site avoir suspendu la collecte de dons à la suite « d’évènements récents qui ont impacté notre association », évoquant « de multiples obstacles administratifs et bancaires ».

Selon le Pnat, ces structures, dont l’objet social était le soutien aux populations palestiniennes vivant dans les camps de réfugiés de Cisjordanie, du Liban et de la bande de Gaza, sont soupçonnées d’avoir détourné des fonds humanitaires au profit du Hamas, organisation terroriste.

L’enquête judiciaire devra désormais déterminer les responsabilités individuelles et établir si les flux financiers étaient effectivement destinés à soutenir cette organisation.

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