France – Assassinat politique de Quentin Deranque : François Ruffin assure qu’il « remettrait sa démission » s’il était dans la situation de Raphaël Arnault, 81 % des Français souhaitent la démission de Raphaël Arnault

La mort tragique du militant identitaire Quentin Deranque, lynché le 12 février à Lyon, a plongé le député du Vaucluse Raphaël Arnault dans une crise majeure. Déjà fiché “S”, c’est-à-dire répertorié comme dangereux pour la sécurité de l’État français, Arnault avait été présenté aux législatives anticipées de 2025 par Jean‑Luc Mélenchon, malgré ce signalement des services de renseignement. La controverse ne fait que s’amplifier à mesure que la justice avance sur l’affaire, et que l’opinion publique se prononce massivement en faveur de sa démission.

Fiché “S” : un passé sensible

Le fichage “S” d’Arnault, appliqué depuis plusieurs années, signifie que l’État français considère que le député représente un risque potentiel pour la sécurité nationale. Malgré cela, il avait été choisi par Jean-Luc Mélenchon pour se présenter aux législatives anticipées de 2025, devenant député à l’Assemblée nationale. Cette décision, déjà controversée, est aujourd’hui pointée du doigt à la lumière des événements tragiques survenus à Lyon.

François Ruffin : “Je remettrais ma démission à sa place”

Interrogé sur franceinfo le 26 février, le député de la Somme et membre du groupe Écologiste et Social, François Ruffin, s’est exprimé sur la situation de son collègue. Plusieurs proches de Raphaël Arnault, issus de l’ex‑Jeune Garde, sont suspectés d’avoir participé au lynchage mortel de Quentin Deranque. L’assistant parlementaire de l’élu, Jacques-Elie Favrot, a été mis en examen pour complicité de meurtre.

“À l’évidence, moi, si jamais j’avais deux de mes assistants parlementaires, plus un ancien stagiaire, qui étaient pris dans une affaire de meurtre et que j’avais fondé un mouvement politique qui aboutissait à ça, je serais dans une profonde remise en cause de ce qu’est le sens de mon action politique”, a déclaré François Ruffin.
“Personnellement, je remettrai ma démission et je ne me sentirai plus légitime pour être représentant de la Nation”, a-t-il ajouté.

Ruffin, qui a quitté La France insoumise (LFI) pour rejoindre le groupe Écologiste et Social, n’a pas hésité à critiquer ses anciens camarades :

“Je me suis trouvé sur le Titanic dans le groupe parlementaire de la France insoumise et j’avais le sentiment de voir arriver un iceberg. J’ai tout fait pour demander un changement de cap. À défaut, j’ai préféré sauter par-dessus bord, prendre un canot de sauvetage plutôt que de vivre ce naufrage.”

L’enquête judiciaire : des proches mis en examen

La justice a mis en examen sept militants d’extrême gauche, âgés de 20 à 26 ans, pour leur rôle dans le lynchage de Quentin Deranque. Tous affichent une proximité avec la Jeune Garde, mouvement cofondé par Raphaël Arnault. Deux anciens collaborateurs du député sont cités dans l’enquête.

Face à ces mises en examen, Arnault a engagé des démarches pour mettre fin au contrat de Jacques-Elie Favrot. Il ne s’est pas encore exprimé sur le sort du second collaborateur, actif depuis 2025 dans sa circonscription du Vaucluse.

Une opinion publique extrêmement sévère

L’affaire provoque une onde de choc dans l’opinion publique. Selon un sondage CSA pour le JDD, Europe 1 et CNews :
• 81 % des Français souhaitent la démission de Raphaël Arnault.
• Seuls 18 % s’y opposent et 1 % ne se prononcent pas.

Les chiffres sont constants à travers les catégories de population :
• Hommes : 83 % favorables à la démission
• Femmes : 80 %
• Jeunes (18-24 ans) : 86 %
• 25-34 ans : 71 %
• 50-64 ans : 82 %
• 65 ans et plus : 87 %

Même au sein de la gauche et de La France insoumise, la pression est forte : 73 % des sympathisants de gauche et 63 % des partisans de LFI demandent son départ. Les sympathisants socialistes et écologistes sont également majoritairement favorables à sa démission. Dans la majorité présidentielle et à droite, les chiffres sont encore plus élevés : 90 % des sympathisants souhaitent son départ.

Une crise politique et morale

L’affaire Deranque met en lumière la question de la responsabilité politique lorsqu’un élu est lié à des personnes impliquées dans des crimes. La co-fondation de la Jeune Garde par Arnault et les liens de certains de ses proches avec le drame soulèvent des interrogations sur la légitimité d’un député fiché “S” à exercer ses fonctions.

À ce stade, plus de huit Français sur dix estiment que Raphaël Arnault ne peut plus demeurer en fonction. La séquence risque de marquer durablement sa carrière politique et d’ouvrir un débat plus large sur le contrôle des élus et la sécurité nationale.

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