Mort d’Ali Khamenei : comment le Guide suprême a été localisé par les services secrets américains et Israéliens?

La mort de Ali Khamenei, survenue samedi 28 février à la suite de frappes israélo-américaines sur Téhéran, marque un tournant majeur dans l’histoire contemporaine de la République islamique d’Iran. Âgé de 86 ans, le Guide suprême était traqué depuis plusieurs mois par la CIA. Selon le The New York Times, l’opération, initialement prévue de nuit, a été avancée à la suite de renseignements jugés déterminants.

Une annonce progressive, puis officielle

L’information a d’abord été évoquée de manière implicite par le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, qui a mentionné « de nombreux signes » laissant entendre la disparition du dirigeant iranien.

Peu avant 23 heures, le président américain Donald Trump a confirmé la nouvelle sur sa plateforme Truth Social, déclarant qu’« Ali Khamenei, l’une des personnes les plus diaboliques de l’Histoire, est mort ».

La télévision d’État iranienne a confirmé le décès dans la nuit de samedi à dimanche. Selon les médias iraniens, la fille du Guide suprême, son gendre et sa petite-fille auraient également péri dans les bombardements.

Une traque de longue haleine menée par la CIA

D’après le New York Times, la CIA suivait les déplacements et les habitudes d’Ali Khamenei depuis plusieurs mois. Les services américains auraient accumulé des informations de plus en plus précises sur ses trajets et ses lieux de résidence.

Le tournant décisif serait intervenu lorsque la CIA a appris qu’une réunion de hauts responsables iraniens devait se tenir samedi matin dans un complexe résidentiel appartenant aux autorités iraniennes, situé au cœur de Téhéran, dans le quartier Pasteur. Plus crucial encore : le Guide suprême devait être présent.

Ces renseignements ont été partagés avec Israël. Washington et Tel-Aviv auraient alors décidé d’avancer le calendrier de l’attaque afin de tirer parti de cette opportunité.

Une frappe avancée et massive

Le plan initial prévoyait une opération nocturne afin de bénéficier de l’obscurité. Finalement, la frappe a été déclenchée samedi à 9 h 40 heure locale (7 h 10 à Paris), à l’aide de missiles air-sol à longue portée, dont la nature exacte n’a pas été précisée.

Selon Amit Segal, journaliste de la chaîne 12 israélienne, trente bombes auraient été larguées sur le complexe résidentiel. Ali Khamenei se trouvait sous terre au moment de l’attaque, mais « probablement pas dans son propre bunker ».

La chaîne publique israélienne KAN a affirmé que son corps aurait été extrait des décombres du complexe.

Une décapitation du commandement iranien

Au-delà de la mort du Guide suprême, l’armée israélienne affirme avoir éliminé quarante hauts gradés iraniens lors de l’opération. Parmi les victimes figureraient :
• Abdolrahim Mousavi, chef d’état-major des forces armées
• Mohammad Pakpour, chef des Gardiens de la Révolution
• Ali Shamkhani, conseiller du Guide suprême
• Le ministre iranien de la Défense
• Le chef des renseignements de la police

L’opération conjointe, présentée par Washington et Tel-Aviv comme visant à « démanteler les capacités du régime terroriste iranien », constitue une frappe sans précédent contre le sommet du pouvoir iranien.

Un séisme géopolitique

La disparition d’Ali Khamenei ouvre une période d’incertitude majeure pour l’Iran et pour l’ensemble du Moyen-Orient. Le Guide suprême, en poste depuis 1989, incarnait l’autorité religieuse et politique suprême du pays.

Sa mort brutale, dans le cadre d’une opération militaire conjointe israélo-américaine, risque d’entraîner une reconfiguration profonde des équilibres internes iraniens et d’accentuer les tensions régionales, déjà vives.

L’ampleur de la riposte iranienne, la succession au sommet du régime et les réactions des grandes puissances constitueront désormais les principaux paramètres d’une crise aux répercussions potentiellement mondiales.

Laisser un commentaire