Des marchés européens sous pression
Les Bourses européennes ont ouvert en net recul lundi, secouées par l’intensification du conflit au Moyen-Orient après l’opération militaire menée conjointement par les États-Unis et Israël contre l’Iran, suivie de représailles de Téhéran dans plusieurs pays de la région.
À l’ouverture :
• Paris chutait de 2,36 %
• Francfort reculait de 2,29 %
• Londres cédait 0,93 %
Plus largement en Europe, Milan perdait 2,23 %, Madrid 2,96 % et Zurich 1,62 %. En Asie, Tokyo reculait de 1,35 % et Hong Kong de 2,14 %.
Malgré ces baisses marquées, les analystes évoquent un marché « ordonné ». Kathleen Brooks (XTB) souligne que, pour un événement d’une telle portée, « les réactions restent modérées ». Les investisseurs semblent, pour l’instant, tabler sur un conflit limité dans le temps.
Le gaz européen s’envole de plus de 50 %
Le choc le plus spectaculaire concerne le gaz naturel. Le contrat à terme du TTF néerlandais, référence européenne, a bondi de plus de 20 % dès les premières heures, atteignant 38,885 euros, avant de grimper de plus de 50 % dans la journée.
Cette flambée est liée à l’arrêt de la production de gaz naturel liquéfié (GNL) par Qatar Energy et aux perturbations des exportations depuis le Golfe, notamment celles du Qatar. Le conflit compromet en effet l’acheminement énergétique mondial.
Le détroit d’Ormuz paralysé, le pétrole s’envole
Le trafic maritime est fortement perturbé dans le détroit d’Ormuz, voie stratégique du commerce mondial d’hydrocarbures. Des navires ont été touchés et les principaux armateurs évitent désormais la zone.
Conséquence immédiate : les prix du pétrole bondissent.
• Le baril de Brent de la mer du Nord progressait jusqu’à près de 10 %, autour de 80 dollars.
• Le WTI nord-américain gagnait plus de 9 %, autour de 73 dollars.
Cette hausse soutient le dollar, monnaie de référence du marché pétrolier. La devise américaine progressait face à l’euro et à la livre sterling. L’or, valeur refuge en période d’incertitude, grimpait également de plus de 2 %.
Secteurs gagnants et perdants
Les majors pétrolières profitent
Les grands groupes énergétiques européens bénéficient directement de la flambée des prix :
• TotalEnergies gagnait près de 4 % à Paris.
• Eni progressait à Milan.
• Shell et BP avançaient nettement à Londres.
• Equinor bondissait à Oslo.
L’aérien et le tourisme souffrent
En revanche, les valeurs liées aux transports et au tourisme plongent :
• Air France-KLM chutait de plus de 7 %.
• Lufthansa reculait fortement.
• EasyJet était également en baisse.
• Accor plongeait de près de 10 %.
• TUI perdait environ 7 %.
La hausse du pétrole alourdit les coûts du carburant et la crainte d’un embrasement régional freine les perspectives de voyages.
L’industrie de défense en hausse
Les entreprises liées à l’armement profitent de l’escalade :
• Thales progressait nettement.
• Dassault Aviation avançait également.
• BAE Systems grimpait à Londres.
• Rheinmetall progressait à Francfort.
Les réactions internationales
Les bombardements massifs visant Téhéran et d’autres grandes villes iraniennes ont provoqué une vague de réactions diplomatiques.
Le président Emmanuel Macron a regretté un conflit aux « graves conséquences pour la paix et la sécurité internationale », appelant à une reprise des négociations et à la fin du programme nucléaire et balistique iranien.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a insisté sur la nécessité d’une désescalade immédiate, avertissant qu’une prolongation indéfinie des opérations pourrait menacer des intérêts économiques majeurs.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a appelé à une « retenue maximale ». De nombreux dirigeants européens et l’Union africaine ont exhorté toutes les parties à éviter une escalade.
À l’inverse, la Russie a dénoncé une « aventure dangereuse », tandis que le Pakistan et le Hamas ont condamné les frappes américaines et israéliennes. L’Australie et l’Ukraine ont exprimé leur soutien à Washington.
Un risque d’embrasement régional
Le conflit, désormais étendu au Liban après des tirs du Hezbollah suivis de frappes israéliennes, a déjà causé des victimes américaines. Le président Donald Trump a évoqué la possibilité d’une opération de plusieurs semaines.
Chaque camp affiche sa détermination à poursuivre les hostilités, faisant craindre un embrasement généralisé du Moyen-Orient.
Pour les marchés, l’enjeu central reste énergétique : tant que le détroit d’Ormuz restera perturbé et que les flux de gaz et de pétrole demeureront incertains, la volatilité devrait persister, avec un risque accru d’inflation mondiale.