Origine du Covid-19 : l’hypothèse de la chauve-souris renforcée par de nouvelles analyses

Six ans après l’apparition des premiers cas de Covid-19 à Wuhan, en Chine, la question continue d’alimenter les débats : le virus est-il issu d’un accident de laboratoire ou d’une transmission animale ?

Un groupe de 23 spécialistes, anciens experts mandatés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), vient de publier une analyse approfondie dans la prestigieuse revue scientifique Nature. Après trois ans et demi de travaux, d’examen de la littérature scientifique et de discussions internationales, ils dressent un état des lieux précis des connaissances actuelles sur le SARS-CoV-2, responsable de la pandémie mondiale.

Les auteurs précisent toutefois qu’ils s’expriment en leur nom propre et non officiellement au nom de l’OMS.

Accident de laboratoire : une hypothèse examinée mais non prouvée

L’hypothèse d’un accident de laboratoire a été étudiée en détail. À ce stade, elle demeure difficile à confirmer comme à écarter totalement.

Aucune preuve concrète d’une brèche de sécurité dans un laboratoire n’a été apportée. De plus, les chercheurs indiquent ne pas avoir eu accès à certaines données cruciales qui auraient permis de pousser plus loin les investigations.

Concernant l’idée d’une manipulation génétique volontaire du virus, elle est jugée peu probable. Les analyses du génome du SARS-CoV-2 sont compatibles avec des mécanismes naturels déjà observés chez d’autres coronavirus.

Transmission animale : l’hypothèse la plus solide

Selon les experts, la majorité des preuves scientifiques évaluées par des pairs soutient l’hypothèse d’une transmission animale à l’humain.

Des virus très proches du SARS-CoV-2 ont été identifiés chez des chauves-souris d’Asie du Sud-Est, ce qui suggère l’existence d’un réservoir naturel avant l’émergence de la pandémie.

Le pangolin, un temps suspecté d’être l’animal intermédiaire, pourrait avoir joué un rôle, mais les données actuelles pointent davantage vers une circulation naturelle du virus dans des populations animales avant son passage à l’homme.

Le rôle clé du marché de Huanan à Wuhan

Marché de Huanan

Le marché de Huanan, à Wuhan, apparaît comme un point central dans la propagation initiale du virus.

Plus de 60 % des premiers cas recensés en décembre 2019 étaient liés à ce marché. Des traces du virus y ont été retrouvées à proximité d’animaux vivants sensibles aux coronavirus.

Autre élément important : deux lignées génétiques distinctes du virus ont été détectées très tôt, signe d’une circulation déjà active au moment de l’identification des premiers cas.

Selon les chercheurs, le marché a joué un rôle majeur dans la transmission précoce et la diffusion initiale du virus.

Comprendre plutôt que désigner un responsable

Les auteurs insistent sur un point essentiel : leur objectif n’est pas de désigner un coupable, mais d’améliorer la compréhension scientifique des événements afin de prévenir de futures pandémies.

Ils appellent à davantage de transparence dans le partage des données internationales, estimant que seule une coopération scientifique mondiale permettra d’éviter qu’une telle crise sanitaire ne se reproduise.

En l’état actuel des connaissances, l’origine animale du SARS-CoV-2 demeure l’hypothèse la plus solidement étayée par les preuves scientifiques disponibles, même si certaines zones d’ombre subsistent encore.

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