La Chine et la Corée du Nord relancent les trains de passagers après six ans d’interruption

Après plusieurs années de fermeture liée à la pandémie de Covid-19, les liaisons ferroviaires de passagers entre la Chine et la Corée du Nord reprennent progressivement. Un premier train a quitté jeudi la ville frontalière chinoise de Dandong à destination de Pyongyang, marquant la reprise d’un axe de transport important entre les deux pays voisins.

Cette liaison ferroviaire avait été suspendue en 2020 lorsque la Corée du Nord avait fermé strictement ses frontières pour se protéger de la pandémie. Pendant plusieurs années, le pays est resté largement coupé du reste du monde, renforçant encore son isolement diplomatique.

Une reprise progressive des déplacements

Selon plusieurs agences de voyages et points de vente de billets cités par l’AFP, ce premier train est parti de Dandong, principale porte d’entrée terrestre entre la Chine et la Corée du Nord. Un autre départ est également prévu depuis Pékin vers Pyongyang dans l’après-midi.

Pour l’instant, ces trains ne sont pas ouverts aux simples touristes. Ils sont réservés aux personnes disposant d’un visa spécifique : travailleurs, étudiants ou citoyens nord-coréens vivant à l’étranger souhaitant rentrer dans leur pays ou rendre visite à leur famille.

Cette reprise s’inscrit dans un processus plus large de réouverture progressive des échanges humains entre la Corée du Nord et la Chine. Les liaisons aériennes et les trains de marchandises avaient déjà repris auparavant, signe d’une normalisation progressive après les restrictions sanitaires.

Des relations étroites entre Pékin et Pyongyang

Malgré des tensions internationales liées au programme nucléaire et balistique nord-coréen, Pékin et Pyongyang entretiennent des relations étroites. Le soutien économique de la Chine reste essentiel pour la Corée du Nord, dont l’économie dépend largement du commerce avec son puissant voisin.

La reprise du trafic ferroviaire de passagers pourrait donc faciliter les échanges humains et économiques entre les deux pays.

Un tourisme toujours très limité

Avant la pandémie, la Corée du Nord accueillait des touristes étrangers, bien que les visites soient strictement encadrées. Depuis 2020, le tourisme international n’a toutefois pas véritablement repris.

Une exception notable concerne les visiteurs venus de Russie. Depuis février 2024, des groupes de touristes russes ont été autorisés à se rendre dans le pays, selon Rowan Beard, cofondateur de l’agence spécialisée Young Pioneer Tours. Cette ouverture limitée intervient dans un contexte de rapprochement politique et militaire entre Pyongyang et Russie, notamment dans le cadre de la guerre en Ukraine.

Des liaisons régulières prévues

D’après la Société des chemins de fer chinois, les trains internationaux entre Pékin et Pyongyang circuleront dans les deux sens quatre jours par semaine : les lundis, mercredis, jeudis et samedis.

La liaison entre Dandong et Pyongyang sera quant à elle quotidienne. Les formalités d’entrée et de sortie du territoire seront réalisées dans les gares frontalières de Dandong côté chinois et de Sinuiju côté nord-coréen.

Cette reprise ferroviaire marque ainsi une étape importante dans la réouverture progressive de la Corée du Nord après plusieurs années d’isolement strict.

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