Archives pour la catégorie Archéologie

Archéologie : découverte de 250 sarcophages et un papyrus dans la nécropole de Saqqarah

Saqqarah dévoile une part de son mystère. Les autorités égyptiennes ont présenté les trésors qui était jusqu’à ce jour caché dans la célèbre nécropole, au sud du Caire. Soit 250 sarcophages et 150 statues de bronze, destinés à rejoindre le futur « Grand musée égyptien », près du plateau de Gizeh.rapporte national géographique.

À l’intérieur de l’un des sarcophages se trouvait un papyrus de 9 mètres de long, sur lequel seraient inscrits des versets du Livre des Morts.

Depuis 2018, le site de la nécropole de Saqqarah est activement exploré par les chercheurs. Ce site classé par l’Unesco est une mine d’or pour les historiens et les égyptologues, il est notamment connu grâce à la pyramide du roi Djéser qui avait été érigée sous la direction du célèbre architecte Imhotep, vers 2 700 avant notre ère.

En 2020, près de 60 sarcophages en bois datés du Nouvel Empire avaient été découverts sur ce site. « Le site de Saqqarah est un des plus anciens d’Égypte. On y a trouvé des tombes datant des premiers rois, vers 3 100 avant J.-C. Comme le site servait de nécropole à la capitale administrative égyptienne, Memphis, il a été utilisé pendant toute l’histoire égyptienne par les élites locales et, parfois, par les rois » explique Frédéric Payraudeau, maître de conférences en égyptologie à la Sorbonne et vice-président de la Société française d’égyptologie.

Cette année, après la grande découverte de 2020, une équipe de chercheurs a mis au jour une véritable collection de 150 statuettes de bronze qui représentent toutes sortes d’anciennes divinités égyptiennes. À ces trouvailles s’ajoutent 250 sarcophages en bois. À l’intérieur de l’un d’eux, un long papyrus de 9 mètres qui contient, selon les déclarations de Mostafa Waziri, le secrétaire général du Conseil suprême des antiquités d’Égypte lors d’une conférence de presse, « probablement des versets du Livre des Morts ».

Comme l’explique Frédéric Payraudeau, la découverte de statuettes dissimulées n’est pas une première sur ce site archéologique. Ces statuettes étaient sacrées, considérées comme des ex-voto et parfois déplacées des temples pour les déposer près « des annexes de temples ou de tombes. »

« Les dieux représentés étaient souvent les dieux locaux, ceux du temple où l’objet était offert, le dieu Ptah et la déesse Sekhmet à Memphis dans le cas des découvertes récentes, mais il existe aussi des statues de dieux « nationaux », adorés dans tout le pays, comme Osiris, dieu-roi de l’Au-delà et sa femme Isis, protectrice des mères et des enfants. En déposant cet ex-voto, on remerciait un dieu pour un bienfait ou on espérait obtenir sa protection » précise l’expert.

Les sarcophages découverts renferment des momies du 5e siècle avant notre ère, selon l’AFP. La matière du bois utilisé pour construire ces cercueils correspond aux trouvailles antérieures. « Le cercueil ou sarcophage en bois était tout à fait commun en Égypte ancienne, c’est plutôt le sarcophage de pierre qui était plus rare et réservé aux personnes de très haut rang. La plupart des cercueils trouvés récemment datent des époques tardives (1er millénaire avant J.-C.), moment où on déplaçait parfois les morts pour les protéger et il est donc plus fréquent d’avoir deux cercueils de bois emboîtés, plus faciles à déménager » souligne le maître de conférence.

Parmi ces statuettes, deux d’entre elles, qualifiées de « magnifiques » par le chef de l’équipe de restauration des antiquités du site antique de Saqqarah, Ashraf Oweis, représentent des « pleureuses », des divinités figées dans le bronze en pleurant les morts. Netfis, ainsi qu’Isis que Frédéric Payraudeau décrit comme une déesse nationale appréciée dans tout le pays. « Nous avons eu très peur lorsque nous les avons trouvées, car même notre souffle faisait un peu bouger les couches de bronze. C’était vraiment effrayant, un vrai défi. »

L’une des 150 statuettes se démarque des autres : elle représente celui qui est considéré comme le premier architecte de l’Histoire, l’ingénieur Imhotep. Cette dernière n’est pas en très bon état puisque d’après les descriptions des équipes elle ne possède plus de tête, mais « le nom du dieu y est inscrit en hiéroglyphes » affirme Frédéric Payraudeau.

Malgré les longues fouilles du site de la nécropole de Saqqarah, l’équipe d’archéologues sur place n’a pas réussi à mettre au jour la tombe d’Imhotep, qui devrait probablement se trouver dans cette zone, « même s’il n’y a aucune certitude » selon l’expert en égyptologie. « Longtemps après sa mort, Imhotep a été divinisé, considéré comme un fils du dieu local Ptah et est devenu un dieu-patron des savants et médecins. C’est pourquoi il existe beaucoup de statuettes à son nom, offertes en ex-voto » précise le maître de conférence.

Ce type de découvertes permet aux historiens et aux archéologues d’en apprendre plus sur les circonstances de la mort mais aussi sur les conditions de vie des populations qui nous ont précédés. Concernant les corps momifiés et retrouvés dans les cercueils, Frédéric Payraudeau précise qu’ils « appartenaient à l’élite. » À cette époque, les classes populaires étaient, pour la plupart « juste enterrées dans le sable sur une natte avec quelques poteries en offrandes. »

Sur place, plusieurs produits de cosmétiques et des bijoux ont été découverts tels que des boucles d’oreilles, des bracelets, mais aussi des eye-liners d’époque. « Les Égyptiens avaient l’habitude de placer dans les tombes des objets qu’ils souhaitaient utiliser dans l’Au-delà, donc il arrive de trouver des objets utilisés dans la vie quotidienne. »

Ces nombreuses découvertes constituent de vraies aubaines pour les chercheurs. « L’archéologie funéraire est une source importante pour reconstituer non seulement les circonstances de la mort, mais aussi le quotidien des anciens Égyptiens » conclut le vice-président de la Société française d’égyptologie.

Archéologie : les mystères sans fin du sanctuaire de Gobekli Tepe (Turquie).

Sur une éminence écrasée de soleil, dans le Sud-Est de la Turquie, le plus vieux sanctuaire connu au monde continue de livrer, pierre à pierre, ses infinis secrets.

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Archéologie : les fouilles de Sanxingdui interrogent les origines de la civilisation chinoise

C’est une découverte archéologique très importante du 21e siècle. De nouveaux bronzes ont été retrouvés dans les ruines de Sanxingdui, en Chine. Les archéologues sont sur les traces d’une dynastie jusqu’alors inconnue. L’existence de cet ancien royaume viendrait conforter la thèse d’une civilisation chinoise aux origines multiples.

Parmi les 13 000 objets retrouvés récemment à Sanxingdui, celui dont on parle le plus est une grille carapace de tortue en bronze torsadé découverte dans la fosse sacrificielle numéro 7.

Plus de 13.000 reliques ont été découvertes dans la province du Sichuan, située dans la région sud-ouest du pays, plus précisément à Sanxingdui, une ancienne cité fortifiée vieille de 3.000 ans. Les archéologues ont découvert des tombes et des fosses sacrificielles contenant des offrandes en or, en jade et en bronze. « La particularité des fosses découvertes est qu’elles contiennent de très nombreuses pièces », explique le responsable des fouilles au micro d’Europe 1.

Cette tortue ou vaisseau sacrificiel aux quatre poignées à tête de dragon, était probablement recouvert de soie au moment de l’offrande, selon l’agence Chine Nouvelle. Un quart des objets retrouvés sur le site de Sanxingdui sont intacts et mèneraient à la piste de l’ancien royaume des empereurs Shu, il y a 4 500 ans, dont il n’existe pas de traces écrites. Seuls ces objets façonnés par l’homme, il y a plus de 3 000 ans, témoigneraient de l’existence de cette dynastie inconnue qui a produit des figures de guerriers aux grandes oreilles, au nez proéminent et aux grands yeux énigmatiques, dont la plus remarquée porte un masque en or. D’autres statues représentent un serpent à tête humaine, ou encore un dragon au nez de cochon. « Les sculptures sont très complexes et imaginatives, représentant un monde mystique imaginé par les gens à cette époque »,souligne Zhao Hao, professeur à l’université de Pékin et responsable de la fouille de la tombe numéro 8 de Sanxingdui, cité par le South China Morning Post.

« Certaines [pièces] sont vraiment minuscules. Nous en avons déjà déterré plusieurs milliers et une fois que toute la fouille sera terminée, il pourrait y en avoir encore plusieurs dizaines de milliers d’autres, ce qui est exceptionnel ». Parmi les 13.000 objets retrouvés récemment à Sanxingdui, celui dont on parle le plus est une grille recouvrant une carapace de tortue en bronze torsadé.

Il s’agit surtout de masques et de sculptures, qui lèvent le voile sur un ancien royaume, celui des rois Zhou, dont l’artisanat et les influences culturelles étaient très différents de ceux du reste de la Chine . Il n’existe aucune trace écrite de cette civilisation apparue il y a 4.500 ans et qui a prospéré en marge de l’ethnie Han, aujourd’hui dominante en Chine. Son existence viendrait donc conforter la thèse d’une civilisation chinoise aux origines multiples. Jusque-là, les historiens pensaient que le fleuve Jaune, le second plus long fleuve de Chine, était le seul berceau de l’empire du Milieu à Pékin.

Archéologie : Découverte, en Grèce, d’un mystérieux squelette de 2000 ans d’une femme sur un « lit de sirène ».

Des archéologues ont découvert, dans le Nord de la Grèce, une tombe ornée de sculptures représentant des sirènes. La sépulture appartiendrait à une femme qui aurait vécu il y a plus de 2.000 ans.

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Archéologie : découverte de sept squelettes vieux de 1500 ans accompagnés d’un riche mobilier funéraire en Egypte!

La découverte de sept squelettes vieux de 1 500 ans et d’un riche mobilier funéraire a été faite par des archéologues polonais dans la ville de Bérénice, sur les bords de la mer Rouge, à l’Est d’Assouan. Il s’agissait d’un ancien port de commerce.

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Une ancienne cité maya émerge d’un site en chantier!

Des archéologues ont mis au jour les ruines d’une ancienne cité maya comprenant des palais, des pyramides et des places, sur le chantier d’un futur parc industriel, près de Mérida, dans la péninsule du Yucatan, au Mexique.

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Archéologie : voilà à quoi ressemblait le paysage de Stonehenge avant la construction du monument

Des chercheurs ont mené une étude sur des matériaux retrouvés sur un site archéologique localisé à quelques kilomètres de Stonehenge. Leurs résultats ont livré des informations sur la nature du paysage qui se trouvait à Salisbury Plain avant la construction du monument mégalithique.

Dressé au milieu d’une plaine du Wiltshire en Angleterre, l’ensemble de monolithes de Stonehenge constitue l’un des monuments les plus célèbres et les plus intrigants au monde. Quelque 4.000 ans après sa construction, la structure continue de faire l’objet de nombreuses études destinées à élucider sa fonction, son origine ou encore l’identité de ses bâtisseurs.

Mais à quoi ressemblait le paysage de Salisbury Plain avant l’édification de Stonehenge ? C’est la question à laquelle des scientifiques s’appliquent à répondre dans une étude parue fin avril dans la revue PLoS ONE. Selon leurs résultats, il n’était pas recouvert de forêts denses, comme certaines hypothèses le suggéraient, mais plutôt de bois clairsemés.

« Il y a eu une étude intense de l’histoire du paysage de Stonehenge durant l’âge du Bronze et le Néolithique, mais on en sait moins sur les périodes antérieures », a expliqué dans un communiqué, Samuel Hudson de l’université de Southampton et principal auteur du rapport. C’est pour combler ce vide que l’équipe a tenté de remonter le temps de quelques millénaires supplémentaires.

Du pollen, des spores et de l’ADN remontant au Mésolithique

Pour ce faire, ils ne se sont pas intéressés à Stonehenge mais à un site situé à quelques kilomètres de là connu sous le nom de Blick Mead. Classé au patrimoine mondial de l’Unesco au même titre que l’ensemble mégalithique, cette zone géologique crayeuse a livré de nombreuses découvertes dont des silex et des ossements animaux.

Ces vestiges ont montré que le site avait été occupé de façon continue durant des millénaires, au moins jusqu’à 4000 avant J.-C. Pour mener leur étude, Samuel Hudson et ses collègues se sont eux penchés sur d’autres types de matériau : des fragments d’insectes morts, du pollen, des spores fongiques et de l’ADN restés préservés dans d’anciens sédiments.

Couplées à d’autres méthodes d’analyse, ces traces ont permis d’obtenir des informations sur les espèces de plantes, d’animaux et de champignons qui vivaient et mouraient sur le site. Et ainsi de dessiner l’environnement qui se trouvait à Blick Mead et comment il a évolué de la fin du Mésolithique – autour de 5000 avant J.-C – au Néolithique – autour de 4000 avant J.-C.

« L’intégration des indices retrouvés lors des précédentes fouilles à Blick Mead, couplée à notre travail de terrain, nous a permis d’en savoir davantage sur la flore et la faune du paysage avant la construction du monument mondialement connu », a confirmé Samuel Hudson. Leurs résultats contredisent l’existence d’un habitat fait de forêts denses.

Prairie ouverte et forêts clairsemées

D’après l’étude, l’environnement était composé d’une vaste prairie ouverte associée à un mélange de pâturage, de zones humides et de forêts clairsemées. Loin d’être désert, il était peuplé de nombreux herbivores dont des aurochs, des cerfs et des sangliers et constituait un excellent terrain de chasse pour la population humaine de l’époque.

« De précédentes théories suggèrent que la zone était densément boisée et déforestée au cours des périodes suivantes pour l’élevage et la construction du monument », a souligné le scientifique. « Cependant, nos recherches dessinent durant le pré-Néolithique, des chasseurs-cueilleurs, vivant dans une prairie ouverte qui abritait des aurochs et d’autres herbivores ».

En guise d’indices, les chercheurs ont retrouvé des empreintes de sabot d’aurochs dans certains sédiments. Ils ont aussi pu constater que plus de la moitié des ossements animaux retrouvés appartenait à cet herbivore alors que le régime alimentaire des populations britanniques de l’époque a semblé, ailleurs, davantage composé de sangliers et de cerfs.

Les habitants chasseurs-cueilleurs de Blick Mead semblaient tout à fait conscients du potentiel de leurs terres, selon le rapport. Par la suite, ils auraient ainsi profité des conditions locales pour exploiter de façon répétée les groupes de grands ongulés, jusqu’à ce que les premiers fermiers ne fassent leur apparition dans la région.

Une transition continue entre chasseurs-cueilleurs et fermiers

La transition entre ces deux périodes se serait faite de façon continue, avancent les chercheurs. Les premiers fermiers du Néolithique pourraient ainsi être arrivés sur des terres dont les humains reconnaissaient déjà l’importance et qu’ils exploitaient déjà bien que différemment. Ces mêmes terres qui leur auraient ensuite servi à faire paître leur bétail.

« Au vu de l’archéologie riche et la longévité [du site], ceci soutient fortement les arguments de continuité entre l’activité des chasseurs-cueilleurs de la fin du Mésolithique et celle des constructeurs de monument du Néolithique. Plus spécifiquement, c’était un environnement partiellement ouvert important pour les deux groupes », écrivent les auteurs dans leur rapport.

Les résultats obtenus à Blick Mead sont « significatifs pour comprendre la nature dynamique du paysage pré-Néolithique » de la région, précisent-ils. De même que ce site semblait constituer un terrain important pour les chasseurs-cueilleurs, des découvertes ont suggéré que celui de Stonehenge était peut-être utilisé pour des activités rituelles dès cette époque.

Quelques millénaires plus tard, lors de la construction du monument mégalithique, ces mêmes habitants semblent, d’après des analyses ADN, avoir disparu ou été absorbés au sein de la communauté de fermiers récemment installée en Angleterre. Néanmoins, l’histoire comporte encore bien des zones d’ombre qu’Hudson et ses collègues espèrent éclairer avec de nouvelles analyses.

Un trésor de l’époque romaine déterré par un blaireau en Espagne !

Un fabuleux trésor de l’époque romaine déterré par un blaireau espagnol qui était affamé.

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Notre-Dame de paris : Une second sarcophage en plomb découvert sous la cathédrale!

Un second sarcophage en plomb a été découvert lors des fouilles archéologiques de la cathédrale de Notre-Dame de Paris, dans un très bon état. Encore une découverte extraordinaire.

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Archéologie : la machine d’Anticythère, « plus vieil ordinateur du monde », aurait démarré en -178 avant J.-C.

Découverte en 1901 au cœur d’une épave romaine échouée au large de l’île grecque éponyme, la machine d’Anticythère est sans aucun doute l’un des artefacts antiques qui questionne et intrigue le plus la communauté scientifique.

Depuis maintenant plus d’un siècle, les chercheurs tentent de percer les secrets de ce mystérieux mécanisme de la taille d’une boîte à chaussures, comprenant des engrenages et des cadrans sur lesquels sont écrites de nombreuses minuscules inscriptions, et considéré comme « le plus vieil ordinateur du monde ».

Au fil des décennies, les scientifiques ont progressivement reconstitué les dizaines de fragments de la machine pour comprendre son processus de fabrication et son utilité. De précédents examens ont ainsi permis de déterminer qu’il s’agissait d’un calculateur exploité pour prédire des événements tels que les éclipses ou les phases de la Lune.

De quand date le « plus vieil ordinateur du monde » ?

Aujourd’hui, de nouveaux travaux pourraient nous en apprendre plus sur cette curieuse machine. Dans une étude publiée le 28 mars sur le site arXiv, des chercheurs indiquent avoir identifié la date exacte de « mise en service » du mécanisme, que l’on savait utilisé il y a plus de 2 000 ans. Cette datation précise est évaluée au 22 ou 23 décembre 178 avant J.-C.

Comment sont-ils arrivés à une telle conclusion ? « Afin d’utiliser un instrument de mesure, un point de référence est nécessaire, avant la procédure de mesure », écrivent les chercheurs dans leur étude.

C’est grâce à une forme en spirale incrustée à l’arrière du mécanisme représentant un cycle de 223 mois appelé Saros (qui peut être utilisée pour prédire les éclipses de Soleil et de Lune) que les scientifiques ont émis l’hypothèse que la machine avait été utilisée pour la première fois lors d’une éclipse solaire annulaire. Ce phénomène se produit lorsque la Terre, la Lune et le Soleil sont alignés, mais que la Lune ne couvre pas la totalité du Soleil, dessinant un contour ressemblant à un « anneau de feu ».

Partant de cette piste, les chercheurs ont exploré les données de la NASA à la recherche de tous les exemples d’éclipses solaires annulaires survenues lors de la période estimée de sa conception. Or, le 23 décembre 178 avant J.-C., une éclipse annulaire longue de 12 minutes aurait pu être observée.

Une hypothèse déjà contestée
Cette éclipse annulaire n’est d’ailleurs pas le seul événement astronomique qui a donné l’orientation de ces recherches. Une phase de nouvelle Lune a démarré le 22 décembre, et le solstice d’hiver s’est déroulé le 23 décembre.

« En un jour, il s’est produit trop d’évènements astronomiques pour que ce soit une coïncidence. À cette date, c’était la nouvelle lune, la lune était à son apogée, il y avait une éclipse solaire, le Soleil entrait dans la constellation du Capricorne, c’était le solstice d’hiver », indique Aristeidis Voulgaris, archéologue de la Direction de la Culture et du Tourisme de Thessalonique en Grèce et co-auteur de l’étude, à New Scientist.

« Le 22/23 décembre 178 avant J.-C est une date initiale idéale, fonctionnelle et représentative pour calibrer la position initiale des pointeurs du mécanisme », avancent les chercheurs dans leur étude.

Cependant, cette hypothèse est déjà très contestée. Et certains estiment même que l’étude ne résisterait pas à la relecture des pairs, à laquelle elle doit encore être soumise. Selon Alexander Jones, professeur de l’Institute for the Study of the Ancient World de la New York University interrogé par Live Science, ces travaux présentent de « nombreux problèmes, allant de questions majeures à des questions mineures », qui seraient « symptomatiques du manque de base solide dans le contexte de l’astronomie antique et de la science ».

D’après lui, le cycle Saros ne serait en fait pas aussi fiable que l’on pourrait le croire lorsque l’on remonte trop loin dans le passé. Par ailleurs, de précédents calculs ont abouti à des résultats bien différents : en 2014, deux études évaluaient plutôt la mise en service de la machine à 204 avant J.-C. Mais pour Aristeidis Voulgaris, cela n’expliquerait pas les représentations du solstice d’hiver dans les inscriptions de la machine. Le débat devrait donc rester ouvert.