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Écriture inclusive : entre idéologie et absurdité grammaticale, le Conseil d’État face à la réalité linguistique

La décision récente du Conseil d’État autorisant l’usage de l’écriture inclusive sur des plaques commémoratives à Paris ravive un débat ancien sur la langue française. Si juridiquement ce choix est validé, linguistiquement et pédagogiquement, il soulève des questions fondamentales : l’écriture inclusive est-elle une évolution naturelle de la langue ou une construction idéologique déconnectée de la grammaire ?

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L’institution juridique la plus haute en France s’est prononcée en faveur de l’écriture inclusive, ignorant la critique scientifique et linguistique selon laquelle ce mode d’écriture, loin d’être inclusif, exclut certains publics, notamment les personnes dyslexiques, dyspraxiques ou dysorthographiques. Par ailleurs, l’argument idéologique de « patriarcat » porté par certains partisans de cette pratique ignore la distinction essentielle entre genre grammatical et sexe biologique, une distinction établie depuis l’origine latine du français.

Le Conseil d’État face à une décision idéologique

Le Conseil d’État a validé le 31 décembre 2025 l’usage de l’écriture inclusive sur deux plaques commémoratives à l’Hôtel de Ville de Paris, rejetant le recours d’une association contestant ces inscriptions. Cette décision reflète selon Christian Estevez une tendance historique : le Conseil d’État est largement composé de magistrats de gauche se considérant « progressistes », dont les nominations se sont intensifiées sous la présidence d’Emmanuel Macron, lui-même idéologiquement orienté vers un agenda dit « woke » malgré une posture économique de droite.

Dans ce contexte, l’aval du Conseil d’État ne peut être considéré comme un argument en faveur de la pertinence linguistique ou pédagogique de l’écriture inclusive. Il s’agit plutôt d’une validation juridique d’une posture idéologique.

Une écriture prétendument « inclusive » mais en réalité excluante

L’écriture inclusive est présentée comme un outil de représentation des genres, mais elle produit un effet inverse pour certains publics. Les personnes dyslexiques, dyspraxiques ou dysorthographiques rencontrent des difficultés majeures de lecture et de compréhension des mots lorsqu’ils sont interrompus par des points médians ou autres artifices typographiques (président·e·s, acteur·rice·s).

Ainsi, cette prétendue inclusion est fonctionnellement excluante, car elle limite l’accès à la langue et à l’information pour des populations vulnérables. L’argument pédagogique et cognitif est souvent ignoré dans le débat public.

Genre grammatical et sexe biologique : une distinction ignorée

Un des points centraux de l’analyse du journaliste Christian Estevez est la confusion fréquente entre sexe et genre grammatical :

  • Le français distingue des genres grammaticaux : masculin et féminin (et neutre historiquement).
  • Les êtres vivants sont différenciés par des sexes biologiques : mâle et femelle.

Si le masculin grammatical était réellement destiné à l’homme et le féminin à la femme, alors les mots liés à l’anatomie sexuée comme vagin, utérus, ovaire, clitoris seraient féminins, tandis que verge serait masculin. Le masculin dans la langue française n’est pas une catégorie patriarcale, il représente un genre neutre, conformément à la tradition latine, et non une hiérarchie de domination.

Origine historique et linguistique

L’écriture inclusive ne repose sur aucune évolution naturelle de la langue. Elle n’a pas de fondement grammatical classique et ne s’inscrit pas dans l’histoire de la langue française. Les genres grammaticaux proviennent du latin et servent à structurer le langage de manière cohérente et fonctionnelle.

Le point médian et autres artifices typographiques sont purement idéologiques, inventés pour répondre à des revendications sociales contemporaines, et non pour améliorer la clarté ou la rigueur de la langue.

La décision du Conseil d’État confirme une tendance juridique et idéologique, mais elle ne légitime ni sur le plan grammatical ni sur le plan pédagogique la généralisation de l’écriture inclusive. Loin d’être un outil de représentation égalitaire, cette écriture est absurde du point de vue linguistique, potentiellement excluante pour certains publics, et fondamentalement déconnectée de la grammaire française.

Le débat ne se réduit donc pas à une opposition idéologique ou politique : il touche à la nature même de la langue, à sa transmission, et à sa capacité à rester un vecteur clair et universel de communication.

Celine Dou, pour la boussole-infos