Stephen King, le maître de l’horreur, est aujourd’hui l’auteur le plus censuré des écoles des États-Unis d’Amérique. Selon le rapport Banned in the USA de PEN America pour l’année scolaire 2024-2025, plus de 6 800 livres ont été retirés des bibliothèques scolaires, temporairement ou définitivement. Ce chiffre reflète une société profondément divisée sur ce qui doit être accessible aux jeunes.
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Une Amérique coupée en deux
La censure se concentre principalement dans trois États : Floride, Texas et Tennessee, où des lois locales obligent les écoles à retirer des ouvrages jugés “inappropriés”. À l’inverse, des États comme l’Illinois, le Maryland ou le New Jersey limitent le pouvoir des établissements scolaires de censurer les livres.
Même au sein d’un même État, certaines écoles respectent les interdictions et d’autres non, ce qui montre que la censure dépend autant de pressions locales et idéologiques que de la loi elle-même.
Stephen King en tête de liste
Les livres de Stephen King ont été censurés 206 fois, dont Carrie et Le Fléau. L’ouvrage le plus interdit tous auteurs confondus est L’Orange mécanique d’Anthony Burgess. D’autres auteurs comme Judy Blume, Patricia McCormick, Sarah J. Maas ou Jodi Picoult ont aussi vu leurs livres retirés.
Les motifs sont variés : thèmes LGBTQ+, passages violents, sexualité ou représentations raciales. De plus en plus souvent, des livres sont retirés avant même qu’une plainte ne soit formulée, par peur de conflits ou de pressions communautaires.
La censure “woke” et le silence médiatique
Contrairement à ce que les médias internationaux surtout occidentaux et majoritairement de gauche présentent, la censure n’est pas seulement le fait des conservateurs. Une grande part est pratiquée par l’idéologie “wokiste”, qui cherche à contrôler le contenu culturel pour qu’il corresponde à ses standards moraux et sociaux.
Certaines actions, bien que symboliques, rappellent les pratiques des dictatures : autodafés, enterrements de livres dans des “fausses communes”. Depuis le début du mandat de Joseph Biden, ces gestes ont été observés à plusieurs reprises, mais les médias et politiciens progressistes n’en ont presque pas parlé.
Le constat est clair : quelle que soit l’idéologie conservatrice ou “progressiste” interdire des livres est une pratique ancienne, qui traverse les siècles.
Une censure qui peut protéger
Toutefois, il est important de noter que certaines interdictions peuvent être justifiées. Ces livres contiennent parfois des pensées et des scènes violentes ou sexuelles pouvant perturber des enfants et adolescents, et certains parents et enseignants considèrent qu’il est légitime de préserver les jeunes publics de contenus potentiellement destructeurs pour leur développement et la cohésion sociale.
La question n’est donc pas seulement de savoir si la censure existe, mais comment protéger les enfants tout en permettant l’accès à la lecture et à la réflexion critique.
Une constante historique
La censure n’est pas un phénomène nouveau.
- Dans l’Antiquité, des écrits philosophiques furent interdits pour “contester les dieux de la cité”.
- Sous Rome, des textes jugés subversifs étaient brûlés.
- Au Moyen Âge, l’Église dressait ses index de livres interdits.
- Au XXᵉ siècle, les régimes totalitaires ont multiplié autodafés et purges littéraires.
Aujourd’hui, la censure aux États-Unis d’Amérique prend de nouvelles formes, mais elle reflète toujours une tension entre liberté et protection, particulièrement lorsqu’il s’agit de jeunes lecteurs.
Celine Dou