700 ans après son apparition, on connaît désormais d’où vient la Peste noire!

Après sept siècles de mystère, l’origine de la pandémie de la peste noire enfin connue.

Ce fut l’une des pandémie les plus mortelles de l’Histoire et on sait désormais d’où elle vient. Une équipe de scientifiques internationale vient de publier une étude qui démontre qu’elle était présente dans l’Asie centrale – l’actuel Kirghizistan -, huit ans avant son arrivée en Europe. selon une étude publiée ce mercredi 16 juin dans la revue « Nature ».

En 1346, l’épidémie de peste noire a touché l’Europe par le bassin méditerranéen. En huit ans, la maladie a décimé jusqu’à 60% de la population d’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, ressurgissant par intermittence pendant 500 ans. Grâce à l’analyse d’ADN ancien, les scientifiques ont enfin pu remonter à son origine.

L’une des pistes les plus communément avancées comme lieu d’origine de la peste noire était celle de la Chine, mais aucune preuve robuste n’a pu étayer cette théorie. « J’ai toujours été fasciné par la peste noire, et l’un de mes rêves était de résoudre le mystère de ses origines », a raconté l’historien spécialiste des catastrophes Phil Slavin, l’un des auteurs de l’étude, lors d’une conférence de presse.

Grâce à un ADN humain, prélevé dans la pulpe dentaire de sept squelettes découverts à la fin du XIXe siècle dans deux sites funéraires datant du XIVe siècle, situés près du lac Ysyk-Köl, qui se trouve aujourd’hui dans l’actuel Kirghizistan, une équipe de chercheurs internationaux a pu déterminer la présence de la peste noire dans cette région et même de l’identifier comme le point de départ de la pandémie.

Une centaine étaient datées de 1338-1339, période où la province était connue sous le nom de Mogholistan (un des royaumes de l’Empire Mongol fondé par Gengis Khan), dont les frontières correspondent à une partie du territoire de l’actuel Kirghizistan. L’épitaphe indiquait « mort de pestilence ». Or, l’épidémie de peste noire n’est arrivée en Europe qu’en 1346, soit sept-huit ans plus tard.

Après séquençage de l’ADN, les scientifiques ont découvert la présence de la bactérie « Yersinia pestis » dans les corps, responsable de la peste noire. Plus intéressant encore, les analyses ont révélé qu’il s’agissait d’une souche de la bactérie qui se trouve à la base de « l’arbre génétique de la peste ». On a d’ailleurs identifié dans le Tian Shian (la chaîne de montagnes située tout autour du lac Ysyk-Köl et au-delà), chez des rongeurs vivants, une souche très proche -« la plus proche qu’on ait trouvée dans le monde » selon l’un des chercheurs, de celle de la période 1338-1339. Tout cela vient confirmer que l’expansion de la peste noire a bien pour point de départ cette région.

Jusqu’à présent, la théorie la plus répandue mettait en avant un virus venu de Chine via des navires transportant des marchandises par le bassin méditerranéen. Mais la peste noire découverte dans l’ancien Mogholistan (et plus anciennement encore du territoire plus grand du khanat de Djaghataï), se trouve « au nœud d’une diversification massive » des bactéries souches qui a eu lieu dans les années 1330.

La propagation de la maladie correspond également au mode de vie des populations du khanat de Djaghataï et du Mogholistan : vie nomade et grands commerçants. « Vivant au cœur des routes de la soie, ils ont dû beaucoup voyager, ce qui a joué un rôle dans l’expansion de l’épidémie via la Mer noire », théorise l’un des auteurs de l’étude. Arrivée en Europe, la peste noire a fait plusieurs millions de morts. Jusqu’à 60% de la population d’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord a été éradiquée en quelques années.

La peste n’a jamais été éradiquée de la surface de la Terre : chaque année, des milliers de personnes continuent d’être infectées, notamment en Asie centrale. Dans les montagnes du Tian Shan, ce sont les marmottes qui constituent le principal réservoir animal de la maladie. Une pandémie meurtrière comme celle du Moyen-Age n’est heureusement pas à craindre : non pas que la bactérie soit moins virulente, mais parce que les conditions d’hygiène et le recours aux antibiotiques n’ont rien à voir avec le passé.

Angèle Reiner

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