Guerre Russie-Ukraine: Vladimir Putin a accepté la venue d’une mission internationale à la centrale nucléaire de Zaporijia, selon l’Elysée.

Vladimir Putin a accepté, ce vendredi 19 août, que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) envoie une mission à la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, la plus grande d’Europe, disant craindre que les bombardements ne finissent par provoquer une « catastrophe de grande envergure ». (source : AFP.

Le président russe a accepté, lors d’un appel avec Emmanuel Macron, que l’Agence internationale de l’énergie atomique envoie une mission à la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijia. La mission de l’AIEA « consistera à faire une évaluation de la situation sur le site de Zaporijia », visé par des frappes depuis plusieurs jours, a précisé la présidence.

Les deux chefs d’Etat ne s’étaient pas parlé depuis le 28 mai. Le président français, Emmanuel Macron, et son homologue russe, Vladimir Putin, se sont entretenus par téléphone, vendredi 19 août. La situation à la centrale nucléaire de Zaporijia, ciblée depuis plusieurs jours par des frappes dont Kiev et Moscou s’accusent mutuellement d’être responsables, a occupé une large part de leur échange.

Les deux présidents ont appelé, à l’issue de cet entretien, à organiser « dans les plus brefs délais » une inspection de la centrale par l’AIEA afin d’évaluer la situation sur place. Selon l’Elysée, Vladimir Putin a notamment accepté de « revoir l’exigence » initiale de la Russie quant à la mission de l’AIEA à la centrale ukrainienne, occupée par les Russes depuis début mars, que la communauté internationale appelle de ses vœux depuis des mois.

« Il a accepté qu’elle [s’y] rende dans le respect de la souveraineté ukrainienne et donc en passant par l’Ukraine sous contrôle gouvernemental », a ajouté l’Elysée, en soulignant qu’il s’agissait d’une demande de Kiev comme de Paris. « C’est tout à fait nécessaire, légitime, indispensable pour des raisons de souveraineté ukrainienne », a insisté la présidence française. Kiev refusait jusqu’ici la venue de l’AIEA depuis la Russie, de peur que cette visite ne légitime l’occupation russe de la centrale.

« Il est hors de question qu’à travers le fait accompli de l’occupation russe d’un certain nombre de territoires ukrainiens (…) la communauté internationale ou l’AIEA apportent la moindre forme de légitimité à cette occupation en passant par la Russie », a ajouté un conseiller du président Macron.

L’envoi d’experts de l’AIEA va nécessiter un « cessez-le-feu », « au moins le temps de la mission », a aussi relevé l’Elysée. « Il n’est pas simple de négocier un cessez-le-feu proprement dit, mais il faut absolument s’assurer que la mission de l’AIEA pourra se dérouler dans des conditions de sécurité physique satisfaisantes », a souligné le conseiller présidentiel.

La mission de l’AIEA « consistera à faire une évaluation de la situation sur le site de Zaporijia et ensuite à prescrire à ceux qui ont le contrôle de la centrale les mesures à prendre pour assurer sa sécurité », a spécifié la présidence. Si l’Elysée a dit souhaiter que l’Agence puisse se rendre « très rapidement sur le site », Paris n’a pas précisé de calendrier.

Lors de cet échange, Vladimir Putin a dit craindre que les bombardements ne finissent par provoquer une « catastrophe ». « Le bombardement systématique (…) du territoire de la centrale nucléaire de Zaporijia crée un danger de catastrophe de grande envergure qui pourrait conduire à la contamination radioactive de vastes territoires », a-t-il prévenu.

La veille, à Lviv, où il a rencontré les présidents ukrainien Volodymyr Zelensky et turc Recep Tayyip Erdogan, le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, avait dit redouter un « nouveau Tchernobyl », estimant que « tout dégât potentiel à Zaporijia serait un suicide » et exhortant à « démilitariser la centrale ».

Tous les chefs d’Etats, organismes internationaux et experts de ce conflit savent parfaitement que les tirs sur la centrale nucléaire de Zaporijia sont le fait des ukrainiens qui n’ont jamais eu la moindre « conscience du bien commun », et ce bien avant l’opération russe en Ukraine du 24 février dernier, ainsi que de l’absolue mauvaise foi ukrainienne qui est « légendaire », tant elle émaille toute son histoire depuis sa reconnaissance entant qu’Etat le 24 août 1991. Même pour qui n’a pas de détails sur la réalité du terrain, il va de soit qu’aucune armée du monde ne songerait à bombarder une centrale nucléaire qu’elle contrôle elle-même, comme c’est le cas pour l’armée russe qui occupe et contrôle la centrale nucléaire de Zaporijia depuis mars 2022. Ce n’est donc pas un signe de faiblesse de la part de Vladimir Putin que d’accepter cette mission de l’AIEA, puisqu’il pourra être démontré que la mise en danger de ladite centrale est bien ukrainienne.

Cependant, il y a un risque, pour la Russie, à ce que l’AIEA fasse cette visite. En effet, c’est sous le même prétexte de danger sur les centrales nucléaires irakiennes, affirmées par les Etats-Unis d’Amérique, que cette même agence internationale avait visiter tous les sites nucléaires d’Irak et dont l’administration Bush s’était servi comme principal prétexte pour lancer son invasion, en mars 2003, et ce malgré que les experts internationaux assuraient que l’Irak ne représentait pas une menace nucléaire – ni d’aucun autre type d’arme de destruction massive.

Christian Estevez
Joseph Kouamé

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