Mission Artemis 1 : Voici pourquoi le décollage pour la lune a été annulé et reporté.

L’homme n’a pas posé le pied sur la Lune depuis 1972. Un lancement était prévu ce lundi 29 août 2022. Mais la NASA a finalement reporté cette première étape de la mission.

La fusée de la mission spatiale Artemis I, qui s’apprêtait à décoller ce lundi 29 août pour la Lune, a rencontré des problèmes techniques. Cette mission test de six semaines doit permettre, à terme, d’atteindre Mars avec le même vaisseau.

Cinquante ans après le vol d’Apollo, la lune devra encore patienter quelques jours. La nouvelle fusée de la Nasa, la plus puissante du monde, devait décoller ce lundi, dans le cadre de la mission Artémis 1. Le lancement définitif a été avorté après qu’un problème technique majeur a touché l’un des quatre moteurs de l’appareil de la Nasa. Les prochaines dates de décollage possibles sont les 2 et 5 septembre.

La mission Artémis 1 est une mission test de six semaines qui doit marquer le lancement du programme états-unien de retour sur la Lune et permettre à l’humanité d’ensuite atteindre Mars, à bord du même vaisseau. La capsule Orion sera propulsée sans équipage jusqu’en orbite autour de la Lune, afin de vérifier que le véhicule est sûr pour de futurs astronautes – dont la première femme et la première « personne de couleur » qui marcheront sur la surface lunaire. « Cette mission emporte les rêves et les espoirs de beaucoup de gens », a déclaré, ce week-end, le patron de la Nasa, Bill Nelson, avant d’ajouter: « Nous sommes dorénavant la génération Artemis ».

Le lancement était initialement prévu à 08H33 depuis l’aire de lancement 39B du centre spatial Kennedy, en Floride. Mais alors que le jour se levait peu à peu sur la fusée orange et blanche SLS, haute de 98 mètres, le décollage était devenu de plus en plus improbable. Les réservoirs de la méga-fusée ont bien été remplis de plus de trois millions de litres d’hydrogène et d’oxygène liquides ultra-froids. Mais le remplissage avait commencé avec environ une heure de retard à cause d’un risque de foudre trop élevé au milieu de la nuit. Puis une fuite a entraîné une pause lors du remplissage de l’étage principal avec l’hydrogène, avant qu’une solution ne soit trouvée et que ne flux reprenne.

Vers sept heures du matin (heure locale), un nouveau problème, décisif, est apparu : l’un des quatre moteurs RS-25, sous l’étage principal de la fusée, n’arrivait pas à atteindre la température souhaitée, bloquant son allumage. Le compte à rebours a alors été stoppé, et après plus d’une heure et demie d’attente et de tentatives de régler le problème, la directrice de lancement à la Nasa, Charlie Blackwell-Thompson, a pris la décision finale d’annuler.

Deux minutes après le décollage, les propulseurs d’appoint retomberont dans l’Atlantique. Après huit minutes, l’étage principal se détachera à son tour. Puis, au bout d’environ 1h30, une dernière poussée de l’étage supérieur mettra la capsule sur le chemin de la Lune, qu’elle mettra plusieurs jours à atteindre. Entre 100.000 et 200.000 personnes sont attendues pour assister au spectacle, dont la vice-présidente des Etats-Unis Kamala Harris. Outre la météo, des problèmes techniques pourraient entraîner le report du décollage jusqu’au dernier moment, ont prévenu les responsables de la Nasa, qui martèlent qu’il s’agit d’un vol test. La prochaine date de décollage possible est le 2 septembre.

L’objectif principal de la mission est de tester le bouclier thermique de la capsule, qui reviendra dans l’atmosphère terrestre à près de 40.000 km/h, et une température moitié aussi chaude que la surface du Soleil. Au lieu d’astronautes, des mannequins ont pris place à bord, équipés de capteurs enregistrant vibrations et taux de radiations. Des microsatellites seront également déployés pour aller étudier la Lune, ou encore un astéroïde. Des caméras embarquées permettront de suivre ce voyage de 42 jours au total. La capsule s’aventurera jusqu’à 64.000 km derrière la Lune, soit plus loin que tout autre vaisseau habitable jusqu’ici. Un échec complet de la mission serait dévastateur pour une fusée au budget faramineux (4,1 milliards par lancement, selon un audit public) et en retard de plusieurs années (commandée en 2010 par le Congrès états-unien pour une date initiale de décollage en 2017).

« Ce que nous commençons avec ce décollage lundi n’est pas un sprint de court terme mais un marathon de longue durée, pour ramener le système solaire, et au-delà, dans notre sphère », a déclaré avec aplomb Bhavya Lal, administratrice associée à la Nasa. Après cette première mission, Artemis 2 emportera, en 2024, des astronautes jusqu’à la Lune, sans y atterrir. Un honneur réservé à l’équipage d’Artemis 3, en 2025 au plus tôt. La Nasa souhaite ensuite lancer environ une mission par an. Le but : établir une présence humaine durable sur la Lune, avec la construction d’une station spatiale en orbite autour d’elle (Gateway), et d’une base à la surface.

Là, l’humanité doit apprendre à vivre dans l’espace lointain et développer toutes les technologies nécessaires à un aller-retour vers Mars. Un voyage de plusieurs années qui pourrait avoir lieu « à la fin de la décennie 2030 », selon Bill Nelson. Mais avant cela, se rendre sur la Lune est aussi stratégique, face aux ambitions de nations concurrentes, notamment la Chine. « Nous voulons aller sur le pôle sud (de la Lune, NDLR), là où sont les ressources », notamment de l’eau sous forme de glace, a détaillé M. Nelson sur NBC. « Nous ne voulons pas que la Chine y aille et dise ‘c’est notre territoire’ « , a-t-il dit.

Guillaume Roz

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s