Moscou annonce la construction d’un nouveau gazoduc « Force de Sibérie 2 » vers la Chine

La date du lancement des travaux de ce nouveau projet d’un nouveau gazoduc est fixée à 2024 et remplacera les livraisons prévues de « Nord Stream 2 » qui devait alimenter l’Europe.

Le gazoduc « Force de Sibérie 2 », en discussion depuis plusieurs années entre Moscou et Pékin, «remplacera» Nord Stream 2, qui devait relier la Russie à l’Europe mais dont la mise en service a été abandonnée depuis le conflit en Ukraine, a déclaré jeudi 15 septembre dernier le ministre russe de l’Énergie, Alexandre Novak. Interrogé dans un entretien à la chaîne de télévision Rossiya-1 sur un remplacement dans la stratégie énergétique russe de l’européen Nord Stream 2 par l’asiatique Force de Sibérie 2, M. Novak a répondu : «Oui».

Plus tôt dans la journée du jeudi, le ministre, en marge d’un déplacement en Ouzbékistan, avait affirmé que la Russie et la Chine allaient prochainement signer des accords portant sur la livraison de «50 milliards de mètres cubes de gaz» par an via le futur gazoduc Force de Sibérie 2. Ce volume représentera quasiment la capacité maximale de Nord Stream 1 – 55 milliards de m³ au total -, à l’arrêt depuis le 2 septembre. C’est par ce gazoduc stratégique, qui relie la Russie à l’Allemagne, que transitait jusqu’alors un tiers des livraisons de gaz russe à l’Union européenne.

« Force de Sibérie 2 » alimentera, lui, l’énergivore économie chinoise en partie via la Mongolie. La date de début de construction est fixée à 2024. Dans la stratégie énergétique de la Russie, il remplacera donc le projet de « Nord Stream 2 », longtemps soutenu par l’Allemagne mais que les États-Unis d’Amérique regardait d’un très mauvais œil et que les Occidentaux ont enterré depuis l’offensive russe en Ukraine fin février, en bons petits vassaux de l’empire états-uniens qu’ils sont toujours plus depuis des décennies.

En Europe, les exportations de gaz russe vers l’UE «vont baisser d’environ 50 milliards de m³» en 2022, a ajouté, jeudi, M. Novak. Dans le même temps, le ministre russe a indiqué que Gazprom, l’opérateur du gazoduc « Force de Sibérie 1 » qui relie depuis fin 2019 le champ de Tchaïandina (Yakoutie) au Eord-Est de la Chine, allait «augmenter ses livraisons» pour atteindre «20 milliards de m³ de gaz» chaque année.

Le raccordement, début 2023, du champ de Kovytka, proche du lac Baïkal, au gazoduc contribuera notamment à faciliter cette hausse importante. En 2025, quand il aura atteint sa capacité maximale, cet important gazoduc produira 61 milliards de mètres cubes par an, soit plus que « Nord Stream 1 », dont 38 milliards de m³ seront destinés à la Chine selon un important contrat signé en 2014 entre Gazprom et son homologue chinois CNPC. Des accords ont par ailleurs été signés avec Pékin pour la construction d’une nouvelle route de transit partant de Vladivostok (Extrême-Orient russe) vers le Nord de la Chine, soit «10 milliards de m³ de gaz supplémentaires», a annoncé, jeudi, le ministre de l’Énergie.

Joseph Kouamé

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