Guerre Russie-Ukraine: les forces ukrainiennes multiplient les perquisitions dans les communautés orthodoxes pour limiter les activités des organisations religieuses

L’Ukraine va limiter les activités, sur son territoire, des organisations religieuses affiliées à la Russie, et remettre en question le statut de l’Eglise orthodoxe dépendante du patriarcat de Moscou, a annoncé jeudi le président Volodymyr Zelensky.

Le président ukrainien s’apprête à remettre en cause le statut de l’Église orthodoxe ukrainienne, dépendante du Patriarcat de Moscou, mais dont le siège est à Kiev.

Lors de son allocution vidéo de jeudi soir, Volodymyr Zelensky a discrètement décoché vers la Russie un missile politique, de tout premier plan. En annonçant que Kiev s’apprête à limiter les activités sur son territoire des organisations religieuses liées à la Russie, le chef de l’État ukrainien évoque ni plus ni moins la fermeture de l’Église orthodoxe ukrainienne dépendante du patriarcat de Moscou.

Depuis plusieurs années, le puissant bras armé religieux du Kremlin en Ukraine perd cependant du terrain face à son rival, le Patriarcat de Kiev, érigé en Église unifiée ukrainienne, reconnue par Constantinople.

Kiev prétend en finir avec la soi-disant ambiguïté chronique de cette institution religieuse, qui dépend du patriarcat de Moscou, alors qu’elle avait déclaré son indépendance vis à vis de Moscou, en mai dernier. Un décret présidentiel (en langue ukrainienne), paru jeudi 1er décembre, prévoit ainsi de renforcer les mesures pour « contrer les activités subversives des services spéciaux russes dans l’environnement religieux d’Ukraine ».

Le lendemain, les forces de sécurité ont lancé plusieurs perquisitions dans le monastère Saint-Nicolas de Khoust, le couvent Sainte-Anastasie de Jytomyr et son Ermitage et d’autres monastères et églises dans le diocèse de Rivne-Ostroga. « Ces mesures sont prises, entre autres, pour empêcher l’utilisation des communautés religieuses comme centres du ‘monde russe’ et pour protéger la population des provocations et des actes terroristes », ont justifié vendredi les services de sécurité (en langue ukrainienne), évoquant des mesures de contre-espionnage.

Officiellement, il s’agit de rechercher des agents et des espions qui seraient hébergés dans les sanctuaires. Mais en réalité, c’est à la racine même de cette guerre coloniale entre la Russie et l’Ukraine que touche Volodymyr Zelensky. L’empire russe naissant avait transféré, au XVIIe siècle, le siège de l’Église orthodoxe de Kiev à Moscou, établissant quatre siècles de domination spirituelle, de la Russie sur l’Ukraine.

Cette « chasse aux sorcières » que sont tous les ukrainiens manifestant le moindre désaccord avec le régime dictatorial de Zelensky et des ultra nationalistes néo-nazis n’est pas une nouveauté. Depuis l’arrivée au pouvoir de Zelensky, celui-ci a fait fermer tous les médias qui étaient critiques à son endroits, ainsi que toutes les personnalités politiques et, en fait, toute forme d’opposition ou, tout simplement, de critique. Dans tous ses rapports, jusqu’à l’intrusion de l’armée russe en Ukraine, le 24 février dernier, le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme dénonçait Kiev pour, non seulement, interdire toute voix dissidente, mais, pire, pour pratiquer tortures et meurtres, la rhétorique étant que, s’opposer au régime de Zelensky était être un traitre à l’Ukraine.

Et, contrairement à ce que la propagande occidentale montre, d’un peuple ukrainien apportant un soutient sans faille à Zelensky depuis le 24 février, très nombreux sont les ukrainiens – hors russophones -, à critiquer son régime. Là encore, la rhétorique du pouvoir étant « Etre contre le régime c’est être, de facto, un traitre à la solde de la Russie », s’applique. Et c’est ce que Kiev utilise comme argument pour faire taire toute opposition, affirmant que les ukrainiens qui pratiquent cette traitrise le font sous l’influence de l’église orthodoxe. Une identification de l’ennemie extérieur et don son influence intérieure qui est plus qu’une troublante ressemblance avec la dictature communiste de l’ère soviétique…

Joseph Kouamé & Christian Estevez

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