Sciences Po Paris vire une professeure de danse après des accusations de « discriminations » de certains élèves

L’Institut d’études politiques de Paris (IEP) vient de licencier son professeur de danse. La professeur était accusée par certains élèves de tenir des propos « sexistes » et « discriminatoires ».

L’Institut d’études politiques (IEP) a décidé d’arrêter d’employer une professeure de danse vacataire qui donnait des cours du soir aux étudiants depuis huit ans. Des élèves s’étaient plaints à la direction des propos de la spécialiste de danses de salon jugés « sexistes, dégradants, discriminatoires, racistes », a précisé le porte-parole de l’école.

« Nous avons reçu une plainte d’un étudiant, (…) relayée par plusieurs d’entre eux, comme quoi cette professeure de danse tenait des propos, pendant son cours, qui étaient de l’ordre de la discrimination sur la place de l’homme dans la danse, des choses qui mettaient un peu en porte-à-faux des étudiants qui se sont sentis discriminés », a indiqué à l’AFP la direction de Sciences Po. Ces propos ont été « réitérés à plusieurs cours, ainsi que des propos qui dénigraient les réflexions sur les violences faites aux femmes », selon la même source.

« L’administration a contacté cette professeure de danse en lui disant qu’on avait une charte déontologique, qu’on était dans une politique de lutte contre les discriminations, et qu’on lui demandait de ne pas réitérer ce type de propos. Elle s’est largement offusquée. On lui a demandé de revenir dessus et elle n’a pas souhaité le faire et a décidé de ne pas renouveler son cours », a-t-elle poursuivi.

Cette enseignante, qui travaillait depuis huit ans avec Sciences Po, a arrêté fin novembre ce cours de danse de salon, dispensé à vingt étudiants. « Il n’y a pas eu du tout de termes discriminants, il n’y a pas eu du tout d’homophobie, il n’y a rien eu du tout de tout ça », s’est-elle défendue, interrogée par l’AFP.

La professeure de 53 ans interdisait notamment à ses élèves de former des couples d’hommes ou de femmes pendant les cours. « Des étudiants ont dénoncé le sexisme de [cette femme], jugée « old school ». Ils étaient mal à l’aise », a témoigné une élève.

« La seule chose, c’est qu’ils ont décidé que maintenant, les couples seraient constitués sur la base du statut « leader/follower » (terminologie du woke états-unien – ndlr), et non selon le genre ou le sexe des participants ». Or, « je dis les femmes d’un côté, les hommes de l’autre, parce qu’en danse il y a un rôle de l’homme et un rôle de la femme », a poursuivi l’enseignante. « Sciences Po me dit que c’est une insulte de dire hommes et femmes et que je ne corresponds pas à la charte éthique », a-t-elle ajouté. « C’est à partir de là qu’on a rompu ».

Dans un communiqué, Sciences Po a indiqué « s’engager contre toutes les formes de discriminations » et « dénoncer fermement les mensonges et l’instrumentalisation politique générée par la démission » de cette enseignante. Et de donner sa version de l’affaire: « Plusieurs étudiants inscrits à un cours de danse, composé de 20 élèves, se sont plaints auprès de l’administration de Sciences Po de propos sexistes, discriminatoires, dégradants et minimisant les violences sexistes et sexuelles, tenus de façon répétée par l’enseignante. »

Didier Maréchal

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