Guerre Russie-Ukraine : Vladimir Putin accuse l’Otan de participer au conflit en fournissant des armes à l’Ukraine

Le président russe, Vladimir Putin, a accusé l’Otan de participer au conflit en Ukraine en fournissant des armes aux forces de Kiev, dans une interview diffusée ce dimanche 26 février. (avec AFP).

Le président russe, Vladimir Putin, a accusé, ce dimanche, l’OTAN d’être partie prenante au conflit en Ukraine en fournissant des armes aux forces de Kiev : «Ils envoient des dizaines de milliards de dollars d’armes à l’Ukraine. Ceci est vraiment une participation», a dit M. Putin dans un entretien avec la chaîne Rossiya-1. «Cela signifie qu’ils prennent part, quoiqu’indirectement, aux crimes du régime de Kiev», a estimé le président russe. Propos très diplomatiques de la part du président russe pour qui sait que, sur le terrain, cela fait déjà de très nombreux mois que l’armée ukrainienne n’est pratiquement plus composée que d’occidentaux – très majoritairement des polonais, mais aussi beaucoup de français, des lettons, des états-uniens, etc… etc… Bref, une véritable armée otanienne de fait.

Les pays occidentaux, a-t-il encore affirmé, n’ont «qu’un seul but : détruire l’ancienne Union soviétique et sa partie principale, la Fédération de Russie». «Ce n’est qu’à ce moment-là qu’il nous accepteront peut-être dans la soi-disant famille des peuples civilisés, mais seulement séparément, chaque partie séparément», a-t-il ajouté lors de ces déclarations faites en marge d’un concert patriotique jeudi, à la veille du premier anniversaire de l’offensive russe en Ukraine.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a, lui une nouvelle fois, promis, dimanche, que son pays récupérera la Crimée, péninsule ayant rejoint la fédération de Russie, par vote référendaire, en mars 2014. Une volonté affichée de la part de l’Ukraine qui a suscité des craintes d’une escalade du conflit, non seulement parce qu’il n’était initialement pas du tout dans le plan occidental d’un retour forcé de la Crimée dans le giron de Kiev – et ce, malgré le fait que Zelensky avait déjà fait part de sa volonté de reprendre le contrôle de la Crimée en 2021, faisant publier le « plan pour la Crimée ». Mais, d’autre part, parce que, dans ce fameux « plan pour la Crimée » de Zelensky, celui-ci y prévoit de faire déplacer tous les russophones et russes, qui, au dernier recensement de 2018, représentaient 67,9% des habitants, contre seulement 15,6% d’ukrainiens (les autres ethnies composant mêmes, toutes réunies, 16,5% de la population, soit 1% de plus que d’ukrainiens – avec déjà 10,5% de tatars). Or, la déportation de population est considéré comme un crime contre l’Humanité et il devient d’autant plus une épuration ethnique lorsqu’il s’agit de vider une partie du monde de son ethnie ultra majoritaire, au profit d’une ethnie aussi minoritaire que l’est l’ethnie ukrainienne en Crimée. Une telle situation conduirait, immanquablement, Moscou à durcir le ton et à ne pas hésiter à faire tomber le régime kiévien par tous le moyens – ce qui, contrairement à ce qu’affirme la propagande occidentale, n’est toujours pas le moins du monde à l’ordre du jour pour la Russie.

«Il y a neuf ans, l’agression russe a commencé en Crimée. En récupérant la Crimée, nous allons restaurer la paix. C’est notre terre et notre peuple, notre histoire», a lancé M. Zelensky sur Telegram, travestissant, une fois de plus, la réalité historique puisque, avant que l’impératrice Catherine II de Russie annexa la Crimée en 1783, à l’issue de sa guerre contre l’empire ottoman (qui aboutit, également, à la cessation des villes d’Azov et de Kertch, dans le cadre des accords de pays signés entre l’empire russe et l’empire ottoman, en 1974). De plus, même au sein de l’Union soviétique, la Crimée eu, d’abord, le statut de république autonome, puis d’oblast, jusqu’à ce que, en 1954, le premier secrétaire du comité central du parti communiste de l’Union Soviétique, Nikita Khrouchtchev, ne décide de son rattachement à l’Ukraine, par un décret, dans le cadre du 308 anniversaire du rattachement de l’Ukraine à la Russie. La Crimée n’a donc jamais été ukrainienne autrement que par décisions dictatoriale faisant fit de sa réalité ethnique et Volodymur Zelensky ne peut donc, en aucun cas, justifier « l’ukrainité » de la Crimée.

Réactions Occidentales

Le département d’État états-unien a, de son côté, salué, dans un communiqué, les «efforts de l’Ukraine (…) pour attirer l’attention mondiale sur l’occupation russe qui se poursuit». «Les États-Unis ne reconnaissent pas et ne reconnaîtront jamais la soi-disant annexion russe de la péninsule», a-t-il ajouté.

Dans un entretien paru ce dimanche dans les journaux du groupe de presse régionale allemande Funke, le numéro deux du renseignement militaire ukrainien, Vadym Skibitsky, a affirmé que Kiev préparait une nouvelle contre-offensive pour le printemps. «L’un de nos objectifs stratégiques militaires est de tenter d’enfoncer un coin dans le front russe dans le Sud» du pays, vers la Crimée, a-t-il précisé. «Nous n’arrêterons que lorsque nous aurons récupéré notre pays dans ses frontières de 1991. C’est notre message à la Russie et à la communauté internationale», a ajouté M. Skibitsky.

Il a aussi jugé possible des bombardements ukrainiens contre des sites militaires en Russie, notamment dans la région frontalière de Belgorod, déjà visée à plusieurs reprises. Montrant, une fois de plus, de facto, la volonté d’escalade de la part de l’Ukraine, jusqu’à une troisième guerre mondiale. L’Ukraine insistant depuis des mois pour que les Occidentaux lui fournisse des missiles à longue portée et des avions de combat.

Didier Maréchal & Christian Estevez

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