Le Royaume-Uni interdit l’accès sur son territoire de plus de 1000 scientifiques !

Les autorités britanniques ont refusé d’autoriser 1 104 chercheurs et étudiants, dont beaucoup de ressortissants chinois, à entrer dans les universités britanniques, au milieu de la position plus dure de Londres envers Pékin.

“C’est une illustration du durcissement des relations entre Londres et Pékin.” L’an dernier, 1 104 doctorants et scientifiques internationaux se sont vu refuser l’accès au territoire britannique, relate le quotidien « The Guardian ». « C’est un nombre record sur 50 000 demandes, en nette hausse par rapport à 2020 (128) et à 2016 (13).”

Si le journal londonien “n’est pas parvenu à obtenir auprès du ministère de l’Intérieur le détail des nationalités” concernées, plusieurs universités, dont Oxford et Cambridge, “ont fait état d’une majorité de chercheurs chinois déboutés”.

L’âge d’or des relations sino-britanniques, proclamé au milieu des années 2010, a ainsi été qualifié de lointain souvenir. Les sujets de friction se multiplient depuis un certain temps entre les deux pays, de la présence chinoise de Huawei dans le réseau 5G britannique à la prise de contrôle par Pékin de Hong Kong, une ancienne colonie britannique en 2020.

Dernière illustration en date des « tensions géopolitiques », la signature du pacte d’Aukus entre Londres, Washington et Canberra pour stopper l’influence grandissante de la Chine dans la région indo-pacifique.
Et le domaine scientifique n’échappe pas à cette tendance.

“Les services de renseignements alertent avec insistance sur les risques d’espionnage par la Chine, les centres de recherches communs sont fermés en catimini et le gouvernement accuse la principale entreprise chinoise dans le domaine de la génomique de chercher à pirater la base de données génétique du service de santé britannique.”

La plupart des scientifiques chinois interdits d’entrée sur le territoire en 2022 comptaient s’installer pour la première fois au Royaume-Uni dans le cadre de projets et de bourses de recherches, précise The Guardian ». “Mais d’autres n’ont pas reçu le feu vert des autorités en dépit de leur présence dans des établissements comme l’Imperial College depuis plusieurs années.”

Bonne nouvelle pour certains “compte tenu des risques d’espionnage”, cette intransigeance nouvelle risque d’entraîner selon d’autres universitaires interrogés par le quotidien de gauche un tarissement “de la source de talents” internationaux.


À peine huit ans en arrière, la visite de l’université de Manchester par le Premier ministre de l’époque, David Cameron, et le président chinois, Xi Jinping, laissait au contraire présager une ouverture durable des vannes.

Joseph Kouamé

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