Les cinq passagers du submersible disparu près de l’épave du Titanic sont considérés comme morts, a annoncé, ce jeudi 22 juin, l’entreprise OceanGate, organisatrice de l’expédition.
Les garde-côtes états-uniens expliquent que les débris du submersible indiquent qu’il s’agit d’une « implosion catastrophique ».
Fin tragique pour les cinq passagers du Titan. L’engin qui faisait l’objet d’intenses recherches depuis dimanche a implosé sous la pression de l’eau, tuant ses occupants sur le coup.
Les cinq passagers du submersible disparu près de l’épave du Titanic sont considérés comme morts, a annoncé, ce jeudi, l’entreprise OceanGate, organisatrice de l’expédition. « Nous estimons à présent que notre patron Stockton Rush, Shahzada Dawood et de son fils Suleman, Hamish Harding et Paul-Henri Nargeolet sont malheureusement morts », a indiqué la société dans un communiqué.
Tout indique que le petit submersible a été écrasé par la pression de l’eau. Un « champ de débris » découvert jeudi matin à quelque 500 mètres de l’épave du Titanic, l’objet de l’expédition du Titan, a orienté les équipes de recherche.
Des morceaux de « l’arrière » et de la « cloche » d’un submersible ont été récupérés, a précisé Jamie Frederick, le premier coordonnateur de l’intervention, lors d’un point de presse de la Garde côtière états-unienne, en après-midi : « Aucun débris du Titanic ne se trouvait dans les parages », a-t-il ajouté, ce qui permet de supposer qu’il n’y a pas eu de collision entre le Titan et le Titanic. L’expédition risquée s’est donc soldée par une « implosion catastrophique de la chambre de pression ».
Il est très peu probable que les corps des victimes soient récupérés. «C’est un environnement incroyablement impitoyable là-bas, au fond de l’océan», a souligné l’amiral John Mauger, premier commandant de district de la Garde côtière états-unienne.
Le ministre britannique des Affaires étrangères, James Cleverly, a déploré, ce jeudi, la « tragique nouvelle » de la perte du submersible Titan, qui comptait à son bord trois ressortissants britanniques, exprimant aux familles des disparus soutien et condoléances. « Tragique nouvelle que la perte de ceux qui se trouvaient à bord du submersible Titan, comprenant trois ressortissants britanniques, à la suite d’une opération internationale de recherches », a-t-il déclaré sur Twitter. « Le gouvernement britannique soutient étroitement les familles touchées et exprime ses plus profondes condoléances ».
« Une implosion catastrophique »
« Ces hommes étaient de véritables explorateurs qui partageaient un même esprit d’aventure et une profonde passion pour l’exploration et la protection des océans du monde », a poursuivi OceanGate. « Nos pensées vont à ces cinq âmes et à chaque membre de leur famille en cette période tragique », a ajouté la société qui s’est dite reconnaissante pour tous les efforts déployés pour retrouver le submersible.
Dans une conférence de presse, les garde-côtes états-uniens ont, de leur côté, assuré que les débris du submersible retrouvés montraient que l’engin a subi une « implosion catastrophique ». « Le champ de débris » retrouvé par les robots de recherche près de l’épave mythique, par près de 4.000 mètres de fonds, « est compatible avec une implosion catastrophique » du submersible, a déclaré, John Mauger, lors d’un point de presse à Boston, sur la côte Nord-Est des Etats-Unis d’Amérique. Il a évoqué une « perte catastrophique » de pression à l’origine de l’accident.
Il n’y avait plus d’oxygène depuis 13h08, heure française
Ils avaient annoncé précédemment sur Twitter qu’un « champ de débris » avait été localisé « dans la zone de recherche par un ROV (Remotely Operated Vehicle, soit engin téléguidé, ndlr) près du Titanic », le célébrissime paquebot de croisière qui avait sombré il y a 111 ans au large des Etats-Unis d’Amérique et du Canada.
Les secouristes avaient évalué à 11h08 GMT (13h08, heure française) ce jeudi l’heure à laquelle les passagers pourraient se trouver à court d’oxygène à bord du Titan, petit explorateur en eaux profondes de l’entreprise privée états-unienne « OceanGate Expeditions ». Porté disparu depuis dimanche, l’engin disposait d’une autonomie théorique de 96 heures en plongée. L’annonce, mercredi, de la détection de bruits sous l’eau par des avions P-3 canadiens a suscité de l’espoir et orienté l’armada multinationale de sauveteurs dépêchés sur place, sans que l’origine des bruits ne soit déterminée.
La mission de sauvetage fut « extrêmement complexe », a spécifié la Garde côtière états-unienne. La zone de recherche en surface, sise à plusieurs centaines de kilomètres des côtes, s’étendait sur plus de 20 000 km2 . Le Titanic lui-même gît à 3800 mètres de profondeur. Au moins neuf vaisseaux de différents pays se trouvaient dans les environs au moment de la découverte des débris.
Négligences potentielles
Depuis le début des recherches, des informations mettant en cause OceanGate sont dévoilées concernant de possibles négligences techniques de l’appareil de tourisme sous-marin.
Une plainte de 2018 consultée par l’Agence France-Presse indique qu’un ex-dirigeant de la compagnie, David Lochridge, avait été congédié après avoir émis de sérieux doutes sur la sûreté du submersible. Selon cet ancien directeur des opérations marines, un hublot à l’avant de l’appareil a été conçu pour résister à la pression subie à 1300 mètres de profondeur et non à 4000 mètres.
Pour ce qui est du moment où l’implosion fatale s’est produite, les autorités n’ont pas offert de réponse. « Il y a beaucoup de questions sur le comment, le pourquoi, le quand cela s’est produit. Ce sera, j’en suis sûr, l’objet d’un examen futur. En ce moment, nous nous concentrons sur la documentation de la scène », a affirmé l’amiral Mauger.
Les passagers du Titan avaient déboursé 250 000 dollars états-uniens chacun pour embarquer dans une exploration des restes de ce qui fut l’une des plus grandes catastrophes maritimes du XXe siècle. Cette tragédie en aura finalement entraîné une autre qui, elle, aurait largement pu être évitée si nous ne vivions pas dans une société où tout est prétexte à se faire de l’argent en permettant la pratique du tourisme dans tous les domaines, même les plus dangereux. Car, contrairement à aux termes employés par la société Oceangate, pour rendre hommage aux défunts, ces hommes (dont le fils d’un milliardaire britannique âgé de seulement 19 ans) n’étaient pas des personnes qui « partageaient une profonde passion pour […] la protection des océans du monde », mais ni plus ni moins que des aventuriers qui avaient assez d’argent pour se permettre ce tourisme mal sain que de voir de leurs propres yeux un navire qui est une véritable tombe coumarine de personnes prises au piège dans un accident maritime. De fait, il est évident qu’il n’y a absolument pas à se réjouir de la mort de ces cinq êtres humains, mais il n’y a pas, non plus s’apitoyer sur le sort d’individus qui sont des pitoyables touristes portés sur un plaisir morbide.
Didier Maréchal & Christian Estevez
Tout ce qui arrive en ce monde est utile, ceci laisse à réfléchir… L ‘abondance de bien n’est pas synonyme de richesse.
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