Sciences : Une étude scientifique apporte quelques éclaircissements sur les énigmes entourant le noyau de la Lune

Les résultats d’une étude scientifique récente publiée dans 3JGR Planets3 remettent en question notre compréhension des énigmes présentes à l’intérieur de la Lune.

Les scientifiques n’ont pas fini d’étudier les mystères de notre univers. En 2023, ce qui se trouve à l’intérieur de la Lune continue d’intriguer les spécialistes.

Le manteau de notre satellite naturel, sous sa croûte cratérisée, repose sur ce que les géoscientifiques pensent être une couche partiellement fondue, rappelle « ScienceAlert » le vendredi 4 août. Là pourraient être dissimulés des indices qui nous renseigneraient sur la formation de la Lune.

Toutefois, une étude publiée dans « JGR Planets » en juin dernier, avant d’être repérée par la publication scientifique, suggère qu’il pourrait, en fin de compte, en être autrement. Selon les recherches conduites par des chercheurs d’Allemagne, de République tchèque et des États-Unis d’Amérique, le manteau lunaire pourrait être entièrement solide. Autrement dit, exempt de couche de fusion, contrairement à ce que théorisent les géoscientifiques.

Michaela Walterová, scientifique planétaire au Centre aérospatial allemand de Berlin, et ses confrères, se sont efforcés de renforcer notre compréhension de ce que renferme la Lune. Pour cela, les chercheurs se sont évertués à comparer deux modèles différents de l’intérieur lunaire. L’objectif : discerner lequel des deux leur semblait le plus réaliste, poursuit « ScienceAlert ».

Deux scénarii probables

La Lune, qui se trouve à une distance moyenne de 384 400 kilomètres de la Terre, exerce des effets de marée à l’égard de notre planète bleue. Ces effets dépendent fortement de la densité, de la viscosité et de la rigidité intérieures de notre satellite. Parce que l’attraction de la gravité va dans les deux sens, la Lune se déforme de façon périodique. Les scientifiques ont donc étudié ces cycles rythmiques tout en mesurant la forme et le mouvement précis de la Lune au moyen de la télémétrie laser lunaire. Ensuite, ils ont pu déduire plus facilement à quoi ses « entrailles » pourraient ressembler. Deux scénarios en découlent.

Dans l’article scientifique publié par les chercheurs, il est d’abord fait allusion à la première hypothèse, selon laquelle « l’intérieur lunaire [serait] chaud [et] une petite partie aurait pu fondre ». De ce fait, « une épaisse couche de matériau faible enfouie à plus de 1 000 km de profondeur sous la surface lunaire » se serait formée.

Cette piste n’est pas nouvelle : elle a vu le jour lorsque des géoscientifiques ont tenté d’appréhender un certain nombre de mesures recueillies à partir des stations sismiques lunaires déployées entre 1972 et 1977 lors des missions Apollo et opérationnelles.

En combinant ces informations avec d’autres données liées aux effets de marée de la Lune, les géoscientifiques ont supposé qu’une couche visqueuse partiellement fondue à la frontière noyau-manteau de la Lune serait la meilleure façon de justifier leurs observations. Aussi, ils ont jugé que cette couche en fusion pourrait dissiper les ondes sismiques et l’énergie marémotrice d’une manière cohérente avec les modèles périodiques des données.

Toutefois, les conclusions mises en lumière à l’issue de cette nouvelle étude suggèrent qu’une seconde hypothèse est envisageable. Selon cette piste, « il n’y a pas de couche [en fusion] et la déformation mesurée [du satellite] peut s’expliquer par le comportement des roches solides à des températures relativement basses », arguent les chercheurs.

Conclusions incertaines

Problème, il est, en l’état actuel des choses, impossible de distinguer quel scénario est le bon, concluent les chercheurs. Il faudra donc s’armer de patience et attendre l’issue de potentielles futures explorations lunaires pour savoir ce qu’il en est réellement. Celles-ci pourraient réinitialiser ou réaffirmer notre compréhension des secrets que la Lune renferme et de leur formation.

Bruno Mariotti

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