Le Premier ministre arménien a formulé, jeudi, des accusations de « nettoyage ethnique » contre l’Azerbaïdjan dans le Nagorny Karabakh, suggérant que tous les Arméniens de cette région sécessionniste la quitteront « dans un avenir proche ».
« Dans les prochains jours, il n’y aura plus d’Arméniens au Nagorny Karabakh. C’est un acte de nettoyage ethnique », a dénoncé le Premier ministre arménien Nikol Pachinian jeudi 28 septembre 2023. De son côté, le gouvernement de l’Azerbaïdjan appelle les Arméniens qui fuient en masse à « ne pas quitter leurs maisons ».
« L’exode des Arméniens du Nagorny Karabakh continue. Notre analyse montre que dans les prochains jours, il n’y aura plus d’Arméniens au Nagorny Karabakh. C’est un acte de nettoyage ethnique contre lequel nous avions mis en garde la communauté internationale », a déclaré Nikol Pachinian devant son gouvernement, cité par l’agence France-Presse (AFP). Il a ainsi appelé la communauté internationale à agir. « Si les condamnations (de la communauté internationale) ne sont pas suivies de décisions politiques et juridiques adéquates, alors ces condamnations deviendront des actes de consentement avec ce qui se passe », a-t-il dénoncé.
Bakou appelle les Arméniens à rester
De son côté, le gouvernement de l’Azerbaïdjan a demandé aux «résidents arméniens » de la république séparatiste autoproclamée du Nagorny Karabakh qui fuient en masse de « ne pas quitter leurs maisons », rapporte l’AFP. Bakou se dit prêt à organiser une visite par l’ONU de la région, a indiqué le ministère des Affaires étrangères, ce jeudi, dans un communiqué, estimant que le Premier ministre arménien « Nikol Pachinian sait parfaitement que les résidents arméniens quittent le Karabakh de leur propre gré ».
« C’est leur décision personnelle qui n’a rien à voir avec la migration forcée. Si certains résidents arméniens ne veulent pas vivre sous les lois azerbaïdjanaises, nous ne pouvons pas les forcer à le faire », a-t-il ajouté. « Au contraire, nous appelons les résidents arméniens à ne pas quitter leurs maisons et à faire partie de la société multiethnique de l’Azerbaïdjan. »
Joseph Kouamé