La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, victime depuis des années de nombreuses menaces antisémites pour lesquelles elle a déposé plusieurs plaintes, a accusé, ce lundi 23 octobre, Jean-Luc Mélenchon de lui avoir mis « une nouvelle cible dans le dos », en critiquant sa visite de soutien à Israël ce week-end.
Yaël Braun-Pivet s’est dite « choquée », ce lundi 23 octobre 2023, des propos tenus par Jean-Luc Mélenchon lors de sa visite en Israël, hier, dimanche 22 octobre, rapporte l’AFP. Jean-Luc Mélenchon avait accusé la présidente de l’Assemblée nationale de « camper à Tel-Aviv pour encourager le massacre » à Gaza. « Pas au nom du peuple français ! », avait-il affirmé sur « X ».
La présidente de l’Assemblée nationale a estimé sur France Inter que le leader de la France insoumise n’avait pas « choisi » ses mots « par hasard», en particulier le terme « camper », référence, selon elle, aux camps de concentration. « Connaissant un peu Jean-Luc Mélenchon, je suis convaincue qu’effectivement le mot camper n’a pas été choisi par hasard et que le fait que je favorise les massacres, c’est à nouveau une nouvelle cible qu’on me met dans le dos », a-t-elle expliqué. « C’est très grave. »
Ce à quoi Jean-Luc Mélenchon a immédiatement réagi sur « X », dénonçant une « police des mots » pour masquer une « grave faute politique ».
« Certains ne voient que » l’identité juive
Elle a également déploré l’augmentation des menaces antisémites qu’elle a reçues depuis l’attaque de terroristes du Hamas et la riposte d’Israël. «Je ne comprends pas pourquoi c’est l’identité juive qui ressort : je suis Française, je ne suis pas pratiquante, je ne suis pas croyante mais certains ne voient plus que ça », a-t-elle déploré. « Quand je lis certains tweets, que je reçois directement des lettres de menace, bien sûr que je me sens en danger, quand je ne peux pas sortir de chez moi sans protection policière », a détaillé la présidente de l’Assemblée.
Celle qui s’est déjà déplacée à Kiev et en Arménie a expliqué que sa «place » était en Israël « pour exprimer notre solidarité face aux attentats que le peuple israélien a subi ». Un déplacement auquel la gauche, sollicitée, « n’a pas souhaité s’associer » . « Il faudra leur demander pourquoi », a-t-elle réagi.
Au cours de cette visite de 24 heures en Israël, elle a notamment visité le kibboutz Beeri et le site de la rave party où ont été tuées et kidnappées des centaines de personnes lors des attaques menées par les islamistes du Hamas le « samedi noir » du 7 octobre.
Elle a de nouveau exprimé « un soutien inconditionnel » à « l’existence d’Israël », pas au « gouvernement d’Israël ». Elle a également appelé à secourir les populations civiles des deux côtés du conflit. « La voix de la France a toujours été une voix qui prône l’existence de deux États, un État palestinien et d’assurer l’existence de cet État palestinien et la sécurité d’Israël », a-t-elle développé. « Et aujourd’hui, la sécurité d’Israël n’est pas assurée, l’existence de l’État palestinien non plus. »
Didier Maréchal