Ce 8 novembre, le rassemblement du « Collectif des 10 » à la capitale a été marqué par un niveau rare de violence. Un manifestant a été gravement blessé, avec une partie de sa joue arrachée par un tir de flash-ball des forces de l’ordre. Au moins cinq autres personnes ont été blessées, et un député de l’opposition a été arrêté. (Source : AFP)
Les forces de l’ordre malgaches ont dispersé, mercredi 8 novembre, avec des jets de gaz lacrymogènes, à moins de deux semaines de la présidentielle, plusieurs cortèges de manifestants se dirigeant à l’appel de l’opposition vers le centre d’Antananarivo, ont constaté des journalistes de l’AFP.
À 13h30, la tension s’intensifie devant le Palais des Sports de Mahamasina. Les forces de l’ordre avancent en ligne, rythmées par les coups portés contre leurs boucliers pour disperser la foule. Le candidat à la présidentielle n°12, Jean-Jacques Ratsietison, arrêté deux jours plus tôt lors d’une manifestation, se déclare aujourd’hui « combattif » mais souligne un climat de rue de plus en plus délétère.
« Ce sont les gendarmes qui sont menaçants. En fait, ils ont peur des attroupements. Monsieur Andry Rajoelina est arrivé au pouvoir grâce à des mouvements populaires, et maintenant il en a peur. Mais nous, on est pas là pour un gouvernement, nous on mène des manifestations pacifiques. »
Voilà plus de deux heures que les deux parties se font face quand d’autres éléments des forces de l’ordre affluent en renfort. Tous savent que le fragile équilibre en place peut être rompu à tout moment. Tout bascule lors de l’interpellation soudaine du député TIM – parti de l’ancien président Marc Ravalomanana – Fetra Ralambozafimbololona. En colère, certains des manifestants tentent, selon les forces de l’ordre, de prendre à partie un gendarme. Là, réplique immédiate. Une nouvelle fois, des explosions de grenades lacrymogènes retentissent dans les rues de la capitale. Un épais nuage blanc recouvre alors les lieux, aussitôt désertés par les manifestants.
Après les évènements, les appels à cesser les violences se sont multipliés, de la part du « Collectif des 10 » eux-mêmes, de la présidente de l’Assemblée nationale, Christine Razanamahasoa,- à la tête de la dernière tentative de médiation initiée avec les leaders religieux du FFKM – ou encore de plusieurs organisations de la société civile.
Joseph Kouamé