Le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, a accusé la France de contribuer à une potentielle nouvelle guerre dans le Caucase en soutenant l’Arménie par des livraisons d’armes, ce qui, selon lui, déstabilise la région. (Avec AFP).
Les tensions s’intensifient depuis la reconquête rapide par l’Azerbaïdjan du Haut-Karabakh en septembre, territoire contesté entre Bakou et Erevan pendant plus de trente ans.
Le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, a accusé la France de «préparer le terrain pour une nouvelle guerre» dans le Caucase en «armant» l’Arménie, dont elle est un soutien historique, selon un communiqué publié ce mardi 21 novembre.
Paris, mobilisé avec «ses partenaires européens et états-uniens en faveur d’une paix juste dans le Sud-Caucase», est «résolument engagé en soutien à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Arménie», a fait savoir le Quai d’Orsay dans une réponse écrite à l’AFP. La France s’est impliquée ces derniers mois dans la médiation entre ces deux anciennes républiques soviétiques, et a en outre affiché son soutien sans faille à l’Arménie. Cette dernière craint que la reconquête du Haut-Karabakh n’ait enhardi son puissant voisin, plus riche et mieux armé, et qu’il ne viole désormais son intégrité territoriale. Paris a par exemple annoncé avoir donné son accord à la livraison de matériel militaire à l’Arménie, qui veut mieux se protéger. Ces prises de position ont valu à la France des critiques acerbes de la part d’Ilham Aliev. De son côté, le pays a récemment accusé l’Azerbaïdjan d’avoir mené une campagne de manipulation de l’information visant à porter atteinte à la réputation de la France dans sa capacité à accueillir les Jeux olympiques de 2024.
Les deux voisins azerbaïdjanais et arménien entretiennent des relations très conflictuelles, et les tensions sont au plus haut depuis la reconquête éclair par l’Azerbaïdjan en septembre du Haut-Karabakh, territoire séparatiste que Bakou et Erevan se sont disputé pendant plus de trois décennies. Avant cela, les deux pays s’étaient déjà affrontés lors de deux guerres pour le contrôle de cette enclave, l’une entre 1988 et 1994 et l’autre à l’automne 2020.
Depuis la dernière offensive victorieuse de Bakou, la quasi-totalité de la population arménienne, soit plus de 100 000 personnes sur les 120 000 recensées, a fui vers l’Arménie. Des pourparlers de paix entre les deux pays ont été engagés à plusieurs reprises, mais n’ont guère progressé ces derniers temps. La semaine dernière, l’Azerbaïdjan a refusé de participer à des négociations prévues aux États-Unis courant novembre avec l’Arménie, invoquant une position «partiale» de Washington.
Didier Maréchal